C’est la maison la plus émouvante de Paris. Le comte Moïse de Camondo, banquier ottoman devenu le plus exigeant des collectionneurs, fit bâtir en 1911-1914 par René Sergent cet hôtel inspiré du Petit Trianon pour y loger un XVIIIe siècle parfait : Œben, Riesener, Sèvres, Aubusson. Il le légua à la France au nom de son fils Nissim, aviateur tombé en 1917, à condition que rien, jamais, ne bouge. Le musée Nissim de Camondo est cette promesse tenue depuis 1936.
Où se trouve le musée Nissim de Camondo ? Repères sur le plan de Paris
63 rue de Monceau, 8e, adossé au parc Monceau, métro Villiers ou Monceau (2, 3). Le musée Cernuschi est de l’autre côté du parc. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la splendeur et la nuit
Aux Camondo, « les Rothschild de l’Orient », Paris doit deux collections majeures. Moïse meurt en 1935 ; sa fille Béatrice, son gendre et ses deux petits-enfants sont déportés et assassinés à Auschwitz. La maison, elle, demeure, service de table dressé, cuisines luisantes, mémorial involontaire d’un monde exterminé. Le livre d’Edmund de Waal et le succès du lieu en ont fait un pèlerinage.
Que voir ?
- Le grand salon et ses boiseries, tapisseries d’Aubusson et bureaux royaux.
- Le service Buffon en porcelaine de Sèvres, dressé comme pour un dîner.
- Les cuisines et l’office de 1912, fourneaux monumentaux, modernité stupéfiante.
- La chambre de Nissim et les souvenirs du fils aviateur.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : 63 rue de Monceau, 75008 Paris.
- Jours et horaires indicatifs : du mercredi au dimanche, madparis.fr (musée des Arts décoratifs).
- Billets : billet jumelé possible avec le musée des Arts décoratifs, rue de Rivoli.
- Durée conseillée : 1 h 30.
Nos conseils pour la visite
Prenez l’audioguide : la voix de la maison, lettres, menus, registres du personnel, transforme la visite en roman. Descendez aux cuisines, que tant de visiteurs manquent. Et lisez ensuite La Mémoire retrouvée ou les pages d’Edmund de Waal : on ne voit plus jamais la rue de Monceau pareil.
En mémoire de Nissim, fils unique de Moïse de Camondo, pilote mort en combat aérien en 1917. Son père légua l’hôtel et ses collections à l’État en 1935 en exigeant qu’ils portent son nom et restent intacts.
Béatrice de Camondo, dernière du nom, fut déportée avec son mari Léon Reinach et leurs enfants Fanny et Bertrand ; tous furent assassinés à Auschwitz. La maison demeure leur seul tombeau.
Oui, et il ne faut surtout pas les manquer : fourneaux, batterie de cuivres et office de 1912 comptent parmi les cuisines historiques les mieux conservées de France.