On y tisse depuis Henri IV. La manufacture des Gobelins, fondée en 1601 sur les bords de la Bièvre et érigée par Colbert en manufacture royale des meubles de la Couronne, reste un lieu de production vivant : une trentaine de lissiers y travaillent sur métiers de basse et haute lisse, des années durant, aux tapisseries commandées par l’État. La galerie des Gobelins, vitrine du Mobilier national, expose trésors anciens et créations contemporaines ; les visites guidées ouvrent les ateliers eux-mêmes.
Où se trouve la manufacture des Gobelins ? Repères sur le plan de Paris
42 avenue des Gobelins, 13e, métro Les Gobelins (7). La fondation Seydoux-Pathé est à cinq minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : Colbert, Le Brun et la Bièvre
Les teinturiers Gobelin s’étaient installés au XVe siècle sur la Bièvre, dont l’eau passait pour fixer l’écarlate. Colbert y réunit en 1662 les ateliers royaux sous la direction de Charles Le Brun : tapisseries, mais aussi orfèvrerie et mobilier, l’usine à décors de Versailles. La tradition ne s’est jamais interrompue : mêmes gestes, mêmes métiers de bois, laines teintes sur place, au service aujourd’hui des palais de la République et de la création.
Que voir ?
- La galerie des Gobelins : expositions de tapisseries royales et de créations actuelles.
- En visite guidée : les ateliers en activité, lissiers au travail derrière leurs fils de chaîne.
- L’enclos historique, chapelle et cours du XVIIe siècle.
- Le savoir-faire de la teinture, nuancier de milliers de tons de laine.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : 42 avenue des Gobelins, 75013 Paris.
- Jours et horaires indicatifs : galerie du mardi au dimanche en période d’exposition ; ateliers en visite guidée sur réservation certains jours, mobiliernational.culture.gouv.fr.
- Durée conseillée : 1 h de galerie ; 1 h 30 avec les ateliers.
Nos conseils pour la visite
Prenez impérativement la visite guidée des ateliers : voir naître un centimètre de tapisserie, la journée de travail d’un lissier, recalibre pour toujours la notion de patience. En sortant, suivez la trace de la Bièvre disparue dans le quartier des tanneurs, jusqu’au square René-Le Gall.
Oui, en visite guidée sur réservation, certains jours : on y voit les lissiers travailler sur les métiers de basse et haute lisse, la galerie d’expositions, elle, se visite librement avec un billet.
Des tapisseries d’exception commandées par l’État, d’après des cartons d’artistes contemporains : plusieurs années de travail chacune, destinées aux palais nationaux, ambassades et collections du Mobilier national.
De la famille Gobelin, teinturiers en écarlate installés au XVe siècle sur la Bièvre, leur nom est passé au quartier, à la manufacture… et à l’avenue.