Dans la villa Seurat, impasse moderniste où écrivit Henry Miller, le numéro 7 bis fut bâti en 1926 par Auguste Perret pour une femme qui comptait alors parmi les portraitistes les plus courues de Paris : Chana Orloff (1888-1968). Née en Ukraine, passée par la Palestine puis Montparnasse, amie de Modigliani et Soutine, la sculptrice y travailla quarante ans. Ses ateliers-musée, préservés par ses descendants, montrent bronzes, bois et plâtres dans la lumière exacte pour laquelle ils furent créés.
Où se trouvent les ateliers Chana Orloff ? Repères sur le plan de Paris
7 bis villa Seurat (accès par la rue de la Tombe-Issoire), 14e, métro Alésia (4) ou RER Cité universitaire. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : de l’atelier à la mémoire
Couturière émigrée devenue élève des Beaux-Arts, Orloff conquit le Tout-Paris de l’entre-deux-guerres par ses portraits synthétiques et ses maternités pleines, Cocteau, Lipchitz, banquiers et danseuses posèrent pour elle. Spoliée et traquée en 1942, réfugiée en Suisse, elle retrouva l’atelier pillé et recommença. Ses petits-enfants ouvrent aujourd’hui la maison Perret aux visiteurs, exactement meublée de son œuvre.
Que voir ?
- L’atelier de sculpture sous sa verrière Perret, béton clair et lumière du nord.
- Bronzes et bois : maternités, portraits, animaux à la ligne pure.
- L’appartement de l’artiste et ses meubles dessinés par Francis Jourdain.
- La villa Seurat elle-même, concentré d’architecture moderniste des années 1920.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 7 bis villa Seurat, 75014 Paris.
- Visite : sur réservation, certains jours (visites guidées par la famille et lors d’événements), chana-orloff.org.
- Durée conseillée : 1 h.
Nos conseils
Réservez une visite guidée : les récits familiaux, la commande à Perret, la fuite de 1942, les retrouvailles avec l’atelier, donnent au lieu une épaisseur rare. Complétez la journée des ateliers du Sud : Bourdelle et Zadkine ne sont qu’à quelques stations.
Une sculptrice née en Ukraine en 1888, figure de l’École de Paris et portraitiste renommée de l’entre-deux-guerres, célèbre pour ses maternités et ses portraits stylisés, morte en 1968 à Tel Aviv lors d’une rétrospective.
Auguste Perret, maître du béton armé, en 1926 : la maison-atelier, avec sa verrière d’angle et ses volumes clairs, compte parmi les rares maisons d’artistes de Perret conservées avec leur contenu.
Sur réservation via le site de l’association familiale : visites guidées certains jours, petites jauges, les Journées du patrimoine offrent aussi des créneaux très demandés.