Au pied du Sacré-Cœur, une halle de verre et de fonte de 1868 abrite les artistes que l’histoire de l’art n’a pas su ranger. La Halle Saint-Pierre, temple de l’art brut, naïf et singulier, expose depuis 1986 créateurs autodidactes, visionnaires et « outsiders » du monde entier, des environnements bâtis par des facteurs inspirés aux dessins fiévreux d’anonymes géniaux, autour d’une librairie spécialisée unique en Europe et d’un café d’habitués.
Où se trouve la Halle Saint-Pierre ? Repères sur le plan de Paris
2 rue Ronsard, 18e, au pied du funiculaire, face aux marchés de tissus du marché Saint-Pierre, métro Anvers (2). Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : de la halle au marché des visions
Marché couvert de style Baltard, puis école et garage, la halle fut sauvée dans les années 1980 pour accueillir la collection d’art naïf de l’éditeur Max Fourny. Elle a élargi depuis son territoire à tout l’art hors normes, brut selon Dubuffet, singulier, populaire, médiumnique, avec deux grandes expositions par an qui font autorité, de la scène japonaise aux visionnaires haïtiens.
Que vivre sur place ?
- Les grandes expositions thématiques d’art brut et singulier, denses et généreuses.
- La librairie : revues, monographies et raretés introuvables ailleurs.
- Le café sous la verrière, cantine des artistes du quartier.
- L’architecture Baltard elle-même, fonte fine et lumière zénithale.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : 2 rue Ronsard, 75018 Paris.
- Jours et horaires indicatifs : ouvert tous les jours (horaires réduits le week-end et l’été), hallesaintpierre.org.
- Billets : entrée douce ; librairie et café en accès libre.
- Durée conseillée : 1 h 15.
Nos conseils pour la visite
Montez ensuite au Sacré-Cœur par les jardins Louise-Michel plutôt que par le funiculaire : la halle se retourne joliment sous les frondaisons. Et poursuivez la journée des inclassables au musée de Montmartre, Valadon, autodidacte elle aussi, aurait approuvé le programme.
Le terme forgé par Jean Dubuffet en 1945 pour l’art des autodidactes créant hors du système, pensionnaires d’asiles, médiums, solitaires inspirés, sans souci du marché ni des écoles : le cœur de la programmation de la Halle.
Elle conserve le fonds d’art naïf Max Fourny, mais fonctionne surtout par grandes expositions temporaires, deux par an environ, qui font référence dans le monde de l’art outsider.
Oui : la nef d’accueil, le café et la librairie spécialisée, la plus riche d’Europe sur l’art brut, sont en accès libre aux heures d’ouverture.