« Aux grands hommes la patrie reconnaissante » : le fronton du Panthéon annonce le programme le plus solennel de la République. Église Sainte-Geneviève voulue par Louis XV et bâtie par Soufflot au sommet de la montagne du même nom, l’édifice bascula dès 1791 : la Révolution en fit le temple laïque des gloires nationales. Sous le dôme, le pendule de Foucault balance la preuve que la Terre tourne ; dans la crypte veillent Voltaire et Rousseau face à face, Hugo, Zola, Jaurès, Marie Curie, Joséphine Baker et quelque quatre-vingts élus de la mémoire française.
Où se trouve le Panthéon ? Repères sur le plan de Paris
Place du Panthéon, 5e, au sommet du Quartier latin, RER B Luxembourg ou métro Maubert-Mutualité (10). Le musée Curie est à trois minutes, la Sorbonne à cinq. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : l’église devenue mémoire
Louis XV malade fit vœu de rebâtir l’église de sainte Geneviève, patronne de Paris ; Soufflot rêva d’unir « la légèreté du gothique et la pureté grecque ». L’édifice, achevé en 1790, changea de destin avec le siècle : panthéon révolutionnaire pour Mirabeau puis Voltaire, redevenu église deux fois, définitivement temple républicain pour les funérailles de Victor Hugo en 1885, suivies par deux millions de personnes. Chaque panthéonisation est depuis un moment de nation : Jean Moulin en 1964 (le discours de Malraux), Marie Curie en 1995 (première femme honorée pour ses propres mérites), Joséphine Baker en 2021.
Que voir ?
- Le pendule de Foucault, réinstallé sous le dôme où l’expérience eut lieu en 1851.
- La crypte : Voltaire et Rousseau en vis-à-vis, les caveaux des écrivains et des justes.
- Les fresques de Puvis de Chavannes sur la vie de sainte Geneviève.
- La colonnade du dôme (d’avril à octobre) : le plus beau panorama du Quartier latin.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : place du Panthéon, 75005 Paris.
- Billets : Centre des monuments nationaux, paris-pantheon.fr ; gratuit moins de 26 ans UE ; supplément pour la colonnade.
- Horaires indicatifs : tous les jours.
- Durée conseillée : 1 h 30, colonnade comprise.
Petites histoires et grandes anecdotes
En 1851, Léon Foucault suspendit ici 67 mètres de câble et une sphère de 28 kilos : le public vit, pour la première fois, la rotation de la Terre s’écrire sur le sable. Autre rotation, plus clandestine : en 2006, un groupe de passionnés répara en secret l’horloge du monument, dont l’administration découvrit un beau matin qu’elle sonnait de nouveau. Quant à Voltaire, son cœur n’est pas dans son tombeau : il repose à la Bibliothèque nationale, l’écrivain ayant été, comme souvent, partagé entre plusieurs maisons.
Nos conseils pour la visite
Montez à la colonnade en fin de journée : la lumière dore le Val-de-Grâce, les toits du Quartier latin et la tour Eiffel au loin. Redescendez par la Sorbonne et la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, puis saluez les savants au musée Curie : Pierre et Marie n’ont que la rue à traverser depuis 1995.
Environ quatre-vingts personnalités : Voltaire, Rousseau, Hugo, Zola, Jaurès, Jean Moulin, Marie et Pierre Curie, Alexandre Dumas, Simone Veil, Joséphine Baker ou encore Missak Manouchian, dernier entré. La liste s’allonge par décision du président de la République.
Oui : une réplique fidèle oscille sous le dôme, à l’endroit exact de l’expérience publique de 1851. La sphère d’origine est conservée au musée des Arts et Métiers.
D’avril à octobre, la colonnade du dôme se visite par groupes horodatés (environ 200 marches) : panorama circulaire sur tout Paris, souvent moins couru que les grandes terrasses de la capitale.