À l’impératrice Eugénie qui s’inquiétait (« Quel est ce style ? Ce n’est ni du grec, ni du Louis XVI »), le jeune architecte répondit : « C’est du Napoléon III, Madame. » Le palais Garnier, gagné au concours par Charles Garnier à 35 ans et inauguré en 1875, est l’opéra le plus célèbre du monde : 11 000 m² de scène et de salons, un grand escalier conçu comme un théâtre où le public se donne en spectacle, une salle rouge et or de 1 900 places sous un lustre de sept tonnes, et, depuis 1964, le plafond peint par Marc Chagall qui fait danser Mozart et Ravel au-dessus des velours.
Où se trouve le palais Garnier ? Repères sur le plan de Paris
Place de l’Opéra, 9e, métro Opéra (3, 7, 8), entrée des visites à l’angle des rues Scribe et Auber. La bibliothèque-musée de l’Opéra est comprise dans la visite, le musée du Parfum est à trois minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le chantier du siècle
Commandé après l’attentat d’Orsini contre Napoléon III (d’où le pavillon d’accès direct en voiture pour l’empereur), le chantier dura quatorze ans, gêné par une nappe d’eau souterraine que Garnier dompta en la transformant en réservoir : le fameux « lac », bien réel, où s’entraînent aujourd’hui les plongeurs des pompiers de Paris. L’Empire tomba avant l’inauguration ; la République hérita du plus somptueux des palais. Gaston Leroux y logea son Fantôme de l’Opéra en 1910, nourri d’accidents vrais, dont la chute d’un contrepoids du lustre en 1896.
Que voir ?
- Le grand escalier de marbres polychromes et le grand foyer, Versailles du XIXe siècle.
- La salle rouge et or, son lustre de sept tonnes et le plafond de Chagall (1964).
- La rotonde de l’Empereur et la bibliothèque-musée, mémoire dansée de la maison.
- En spectacle : ballet ou opéra, la seule façon d’entendre respirer le palais.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : place de l’Opéra, 75009 Paris.
- Visites : en autonomie ou guidées, billets sur operadeparis.fr ; fermetures partielles les jours de répétition et de matinée.
- Spectacles : mise en vente par saisons, catégories très variées (des places à petit prix existent, vue partielle assumée).
- Durée conseillée : 1 h 30 de visite.
Petites histoires et grandes anecdotes
Sur les toits, des ruches produisent depuis les années 1980 un miel d’opéra vendu en boutique : les abeilles butinent les tilleuls des grands boulevards. Sous la scène, le lac sert toujours de réserve d’incendie, et une carpe légendaire y aurait élu domicile. Quant au fantôme, la maison joue le jeu : la loge n° 5 du premier balcon porte une plaque « loge du Fantôme de l’Opéra », et nul ne s’étonne qu’elle soit souvent réservée.
Nos conseils pour la visite
Réservez la première visite du matin pour photographier le grand escalier sans personne, et vérifiez la veille l’ouverture de la salle (les répétitions la ferment parfois). Le luxe absolu reste un ballet en soirée : arrivez tôt, montez au grand foyer à l’entracte, balcon sur l’avenue de l’Opéra. Complétez la promenade dorée avec la BnF Richelieu et la place Vendôme, à dix minutes vers la colonne.
Oui : le palais se visite en journée, en autonomie ou en visite guidée, grand escalier, foyers et (selon planning des répétitions) la salle. La bibliothèque-musée de l’Opéra est incluse.
Oui : une cuve d’eau bâtie par Garnier pour maîtriser la nappe souterraine sert de réservoir d’incendie et de bassin d’entraînement aux plongeurs des pompiers. Le Fantôme de Leroux en a fait sa légende.
Marc Chagall, en 1964, à la demande d’André Malraux : quatorze grands compositeurs y tourbillonnent en couleurs au-dessus du lustre. Le plafond d’origine de Lenepveu est conservé dessous, intact.