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SECRET PARISIEN

Paris, le dimanche 6 septembre 2026

Monuments 1er arrondissement

Colonne Vendôme

Place Vendôme, 75001 Paris

La colonne Vendôme au centre de la place du même nom
Photo : Zairon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Au centre de la place la plus précieuse du monde se dresse un trophée de guerre. La colonne Vendôme, élevée de 1806 à 1810 sur ordre de Napoléon, fut coulée dans le bronze des canons pris à l’ennemi à Austerlitz : 44 mètres de fûts de pierre gainés de plaques où s’enroule, sur 280 mètres de spirale, le récit sculpté de la campagne de 1805, à la manière de la colonne Trajane de Rome. Au sommet, l’Empereur en César toise les vitrines des joailliers : Boucheron, Chaumet et leurs pairs ont fait de la place Vendôme, dessinée par Hardouin-Mansart sous Louis XIV, le salon de la haute joaillerie.

Où se trouve la colonne Vendôme ? Repères sur le plan de Paris

Place Vendôme, 1er, entre les Tuileries et l’Opéra, métro Tuileries (1) ou Opéra. Le Meurice est à deux minutes, le palais Garnier à sept. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : élevée, abattue, relevée

La statue du sommet changea au gré des régimes : Napoléon en César (1810), fondue sous la Restauration, remplacée par un « Petit Caporal » en redingote (1833), puis par le César actuel (1863). Le 16 mai 1871, la Commune de Paris abattit la colonne entière, jugée « monument de barbarie » ; la foule vit le colosse se briser sur un lit de fumier. La IIIe République la releva en 1875 et présenta la facture au peintre Gustave Courbet, accusé d’avoir inspiré la démolition : ruiné, il mourut en exil en Suisse, en payant par annuités une colonne qu’il n’avait pas renversée de ses mains.

Que voir ?

  • La spirale de bronze : 425 plaques, des ponts francs jusqu’au soleil d’Austerlitz.
  • La statue sommitale de Napoléon en imperator, par Dumont.
  • La place de Hardouin-Mansart : arcades royales, façades de 1700, vitrines mythiques.
  • Au n° 12, la plaque de Chopin, mort ici en 1849 ; au n° 15, la façade du Ritz.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : place publique, libre jour et nuit ; la colonne ne se monte pas (l’escalier intérieur est fermé au public).
  • Le bon moment : en fin de journée, quand les vitrines s’allument et dorent la pierre.
  • Durée conseillée : 20 minutes de contemplation, lèche-vitrines non compris.

Petites histoires et grandes anecdotes

Sous la Commune, un vétéran proposa de protéger la colonne en l’enveloppant de matelas ; l’histoire retint plutôt les photographies des insurgés posant près du colosse à terre, qui servirent ensuite de pièces à charge. Les plaques de bronze, elles, cachent une coquetterie : les fondeurs y ont glissé le portrait de quelques contemporains, dont, dit-on, l’architecte lui-même en soldat anonyme de la Grande Armée.

Nos conseils pour la visite

Entrez sur la place par la rue de Castiglione depuis les arcades de Rivoli : l’effet de rideau qui s’ouvre est voulu par Mansart. Faites le tour de la spirale dans le sens de lecture (elle monte vers la gloire), puis filez au goûter du Meurice ou aux trésors de la BnF Richelieu, à cinq minutes.

De quoi est faite la colonne Vendôme ?

D’un noyau de maçonnerie et de pierre habillé de plaques de bronze, coulées selon la tradition dans les canons pris aux armées austro-russes à Austerlitz en 1805. Le bas-relief en spirale raconte la campagne, scène après scène.

Pourquoi Courbet a-t-il été condamné pour la colonne Vendôme ?

Le peintre, élu de la Commune, avait publiquement demandé le déboulonnage du monument avant l’insurrection. Après la Semaine sanglante, l’État lui imputa la reconstruction (plus de 320 000 francs) : saisi et exilé, il en paya les premières annuités jusqu’à sa mort en 1877.

Peut-on monter en haut de la colonne Vendôme ?

Non : l’escalier intérieur de 176 marches, jadis ouvert aux curieux, est fermé au public de longue date. La colonne s’admire du sol, jumelles bienvenues pour suivre la spirale.

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