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SECRET PARISIEN

Paris, le dimanche 6 septembre 2026

Monuments 5e arrondissement

Collège des Bernardins

20 rue de Poissy, 75005 Paris

La grande nef gothique du Collège des Bernardins
Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Poussez une porte discrète de la rue de Poissy et le XIIIe siècle vous avale : 70 mètres de nef claire, trois vaisseaux, une forêt de colonnes. Le Collège des Bernardins fut bâti à partir de 1248 par l’ordre cistercien pour loger et former ses moines étudiants venus de toute l’Europe à l’université de Paris. Vendu à la Révolution, l’édifice servit d’entrepôt, de prison, puis de caserne de pompiers pendant un siècle et demi ; racheté par le diocèse et restauré de 2004 à 2008, il est redevenu ce qu’il fut : une maison où l’on pense, ouverte cette fois à tous.

Où se trouve le Collège des Bernardins ? Repères sur le plan de Paris

20 rue de Poissy, 5e, entre le boulevard Saint-Germain et les quais, métro Maubert-Mutualité (10) ou Cardinal-Lemoine. L’Institut du monde arabe est à cinq minutes, les arènes de Lutèce à huit. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : des moines étudiants aux pompiers

L’abbé de Clairvaux voulait que Cîteaux ne rate pas la révolution universitaire : le collège accueillit jusqu’à deux cents moines, logés au-dessus du grand cellier qui sert aujourd’hui de nef d’accueil. La sacristie gothique subsiste ; l’église, elle, disparut. Devenu caserne en 1845, le vaisseau fut cloisonné d’étages, les camions garés entre les colonnes : les photographies d’époque laissent pantois. La restauration de Jean-Michel Wilmotte et Hervé Baptiste rendit la pierre blonde et la lumière, et le collège rouvrit en 2008 avec une vocation neuve : recherche, formation, débats publics et art contemporain sous les voûtes.

Que voir, que vivre ?

  • La grande nef du cellier, chef-d’œuvre cistercien : sobriété, lumière, proportions.
  • L’ancienne sacristie et l’escalier du XIVe siècle, vestiges de l’étage monastique.
  • Les expositions d’art (souvent gratuites) et les installations sous les voûtes.
  • Conférences, débats et concerts : le programme fait dialoguer science, culture et spiritualité.

Modalités et infos pratiques

  • Accès à la nef : libre et gratuit en journée, du lundi au samedi (et souvent le dimanche) ; visites guidées régulières.
  • Programme : collegedesbernardins.fr ; café-restaurant sur place.
  • Durée conseillée : 45 minutes, davantage lors des expositions.

Petites histoires et grandes anecdotes

Les pompiers de la caserne jouaient au volley entre les travées, et leurs échelles s’adossaient aux chapiteaux : d’anciens soldats du feu reviennent parfois, émus, chercher l’emplacement de leur dortoir. Lors de la restauration, chaque pierre malade fut remplacée par sa jumelle taillée dans la même carrière de l’Oise rouverte pour l’occasion : 2 500 pierres neuves, indiscernables, portent en cachette la marque de leurs tailleurs, comme au Moyen Âge.

Nos conseils pour la visite

Venez en fin de matinée quand le soleil traverse les baies du sud : la nef devient dorée, les colonnes projettent leur forêt d’ombres. Prenez un café sous les voûtes (peu de pauses parisiennes ont ce décor), puis remontez la montagne vers la Sorbonne ou redescendez aux arènes de Lutèce : le 5e aligne deux mille ans en trois rues.

L’entrée du Collège des Bernardins est-elle payante ?

Non : la grande nef est en accès libre et gratuit en journée. Expositions, conférences et visites guidées peuvent être payantes selon la programmation.

Qui étaient les Bernardins ?

Les moines cisterciens, surnommés bernardins en référence à saint Bernard de Clairvaux : leur ordre bâtit ce collège dès 1248 pour former ses étudiants à l’université de Paris, une rareté pour ces moines réputés ruraux.

Que devint le collège après la Révolution ?

Vendu comme bien national, il fut entrepôt, prison en 1793, puis caserne de pompiers de 1845 à 1993, cloisonné d’étages et de garages. La restauration de 2004-2008 lui a rendu son volume médiéval intact.

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