Toute l’histoire de l’art français a fait ses gammes ici. Les Beaux-Arts de Paris, installés rue Bonaparte sur l’ancien couvent des Petits-Augustins fondé par la reine Margot, forment les artistes depuis l’Académie royale de 1648 : Ingres, Degas, Renoir, Seurat, Matisse y passèrent, des générations de prix de Rome y rêvèrent d’Italie. Le campus est un palais-collage unique : chapelle du XVIIe, hémicycle d’honneur, Palais des études de Duban et sa cour couverte d’une verrière de 1863, murs incrustés de fragments d’architecture de tous les siècles.
Où se trouvent les Beaux-Arts ? Repères sur le plan de Paris
14 rue Bonaparte, 6e, entre Saint-Germain-des-Prés et le quai Malaquais, métro Saint-Germain-des-Prés (4). Le pont des Arts est au bout de la rue, le musée Delacroix à quatre minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : du dépôt des tombeaux à l’école du monde
Le lieu doit sa survie à un homme pressé : Alexandre Lenoir, qui y entreposa pendant la Révolution les tombeaux royaux et les sculptures arrachés aux églises, créant en 1795 le premier musée des Monuments français ; les gisants de Saint-Denis dormirent dans la chapelle de la reine Margot. L’école s’y installa en 1816 et bâtit son décor : Duban dessina le Palais des études, dont la cour vitrée, peinte et dorée, servit de panthéon pédagogique aux moulages d’après l’antique. L’établissement conserve un trésor peu connu : 450 000 œuvres, des dessins de Michel-Ange et Dürer aux morceaux de réception de l’Académie.
Que voir ?
- La cour vitrée du Palais des études, éblouissante, accessible lors des expositions.
- La chapelle des Petits-Augustins et son peuple de moulages, dont le Jugement dernier à taille réelle.
- Les expositions publiques : collections, jeunes diplômés, invités de renom.
- La cour d’honneur et ses fragments d’architecture, leçon de pierre à ciel ouvert.
Modalités et infos pratiques
- Accès : l’école se découvre lors des expositions (billetterie), des visites guidées et des Journées du patrimoine ; cours d’honneur souvent ouvertes en journée.
- Programme : beauxartsparis.fr.
- Durée conseillée : 1 h à 1 h 30.
Petites histoires et grandes anecdotes
Le Bal des Quat’z’Arts, carnaval légendaire des ateliers, scandalisa Paris un demi-siècle durant ; les anciens jurent que certaines fresques d’ateliers en gardent des traces prudemment non restaurées. Autre relique : dans la cour, le fameux « mûrier de la reine Margot » a des descendants entretenus par les jardiniers. Et l’expression « pompier » pour l’art académique serait née ici, des casques antiques luisants comme ceux des soldats du feu que peignaient les élèves.
Nos conseils pour la visite
Guettez les expositions d’automne et de printemps : elles ouvrent la cour vitrée, but réel du pèlerinage. Enchaînez avec la promenade des artistes : Delacroix, les galeries de la rue de Seine, le pont des Arts pour finir carnet en main, exactement comme les élèves depuis deux siècles.
Oui, à l’occasion des expositions publiques, des visites guidées régulières et des Journées du patrimoine : c’est une école en activité, mais ses espaces majeurs (chapelle, cour vitrée) s’ouvrent largement au fil de l’année.
Une liste vertigineuse : Ingres, Moreau, Degas, Renoir, Sisley, Seurat, Matisse, puis des générations contemporaines. L’atelier de Gustave Moreau y forma Matisse et Rouault à la fin du XIXe siècle.
Pendant la Révolution, Alexandre Lenoir y rassembla les monuments funéraires sauvés des églises, dont ceux de Saint-Denis, créant le musée des Monuments français (1795-1816) : l’école hérita du site et de quelques fragments scellés dans ses murs.