Avant lui, Paris buvait du vin dans des tavernes ; après lui, Paris pensa dans des cafés. Le Procope, fondé en 1686 par le Sicilien Francesco Procopio dei Coltelli, fut le premier grand café de la capitale et devint le salon des Lumières : Voltaire, Rousseau, Diderot et d’Alembert y refirent le monde, l’Encyclopédie y prit des notes, la Révolution y répéta ses discours avec Danton et Marat pour habitués. Fermé en 1890, devenu un temps bouillon, il a rouvert en 1957 en restaurant d’histoire, où l’on dîne aujourd’hui entre portraits, dorures et reliques authentiques.
Où se trouve le Procope ? Repères sur le plan de Paris
13 rue de l’Ancienne-Comédie, 6e, métro Odéon (4, 10) ; la seconde entrée donne sur la cour du Commerce-Saint-André, le plus révolutionnaire des passages. Le théâtre de l’Odéon est à trois minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le café qui inventa le débat
Procopio, limonadier de génie, installa face à la Comédie-Française d’alors des glaces, des sorbets et ce breuvage neuf venu d’Orient : le café. Le succès fut immédiat et durable, trois siècles de conversations. Benjamin Franklin y aurait peaufiné des idées de future constitution américaine ; le jeune Bonaparte, officier désargenté, y laissa dit-on son chapeau en gage d’une note impayée : le bicorne trône toujours sous vitrine à l’entrée. La cour du Commerce voisine vit Marat imprimer L’Ami du peuple et le docteur Guillotin perfectionner sa machine sur des moutons, voisinage tout en contrastes.
La table : les spécialités maison
- Le coq au vin « ivre de Juliénas », plat signature servi en cocotte.
- La tête de veau sauce gribiche « comme en 1686 », assumée et fameuse.
- Sorbets et café gourmand, clins d’œil au limonadier fondateur.
- Fruits de mer et classiques bourgeois, dans les salons historiques.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 13 rue de l’Ancienne-Comédie, 75006 Paris.
- Réservation conseillée : service continu tous les jours, procope.com.
- Budget : brasserie historique de gamme moyenne, menus attentifs.
Petites histoires et grandes anecdotes
Voltaire, dont le marbre veille à l’étage, carburait dit-on à quarante tasses par jour d’un mélange café-chocolat. Sa table conservée est l’une des reliques de la maison, avec le chapeau de Bonaparte et des documents révolutionnaires encadrés. Les serveurs racontent volontiers que le mot « garçon ! » serait né ici, les clients hélant les jeunes commis du fondateur : légende invérifiable, parfaitement à sa place.
Nos conseils pour la visite
Demandez une table à l’étage, côté salons rouges, et ressortez par la cour du Commerce-Saint-André pour le frisson révolutionnaire. L’après-midi se prolonge à merveille vers le théâtre de l’Odéon ou les Beaux-Arts. Et goûtez un sorbet en hommage au fondateur : c’est lui qui les mit à la mode parisienne.
Fondé en 1686, il est le plus ancien café parisien encore en activité sur son site d’origine, malgré une longue fermeture (1890-1957). Il fonctionne aujourd’hui en restaurant, décor et reliques d’époque à l’appui.
La maison présente sous vitrine un bicorne que la tradition attribue au jeune Bonaparte, laissé en gage d’une note impayée vers 1795. La pièce est d’époque ; l’anecdote, invérifiable, fait partie du patrimoine du lieu.
Les deux signatures : le coq au vin « ivre de Juliénas » et la tête de veau sauce gribiche, dans la grande tradition. Les sorbets rappellent que le fondateur fut le glacier le plus célèbre de son siècle.