L’adage est célèbre : installez-vous assez longtemps à la terrasse du Café de la Paix et vous verrez passer le monde entier. Ouvert en 1862 au rez-de-chaussée du Grand Hôtel, dans le décor Second Empire vert et or dessiné dans l’orbite de Charles Garnier dont l’Opéra allait pousser juste en face, le café fut d’emblée le salon de l’Europe : Maupassant et Zola y avaient leurs marbres, Oscar Wilde y guettait ses admirateurs, Tchaïkovski, Caruso et le Tout-Opéra y soupaient après les triomphes. Le décor, classé monument historique, brille comme au premier soir.
Où se trouve le Café de la Paix ? Repères sur le plan de Paris
5 place de l’Opéra, angle boulevard des Capucines, 9e, métro Opéra (3, 7, 8). Le palais Garnier est en vis-à-vis direct, le musée du Parfum à deux minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le balcon des Grands Boulevards
Né avec le Grand Hôtel voulu par les frères Pereire pour l’Exposition de 1867, le café devint l’observatoire officiel de la vie parisienne : on y fêta les premières de Garnier, on y pleura Hugo un jour de funérailles nationales, les aviateurs de 1919 y furent portés en héros. La légende veut que l’expression « prendre un verre en terrasse » ait trouvé ici ses lettres de noblesse : la terrasse de la Paix fut la première à être chauffée l’hiver, pour ne jamais interrompre le spectacle du boulevard. Restauré au millimètre en 2019, le plafond peint de ciels et de guirlandes reste le plus bel « open air » couvert de Paris.
La table : les spécialités maison
- Le millefeuille à la minute, monté à la commande : le dessert-signature.
- La sole meunière et le banc d’écailler, tradition de grand boulevard.
- Le chocolat chaud et l’heure du thé sous les plafonds peints.
- Le petit-déjeuner face à Garnier, le plus opératique de Paris.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 5 place de l’Opéra, 75009 Paris.
- Ouvert tous les jours du matin au soir, réservation conseillée aux heures de repas, cafedelapaix.fr.
- Budget : brasserie chic ; la terrasse se contente aussi d’un café, c’est même sa vocation.
Petites histoires et grandes anecdotes
Oscar Wilde, exilé et désargenté, y tenait table ouverte sur l’ardoise de ses admirateurs : « je peux résister à tout sauf à la tentation », la maison en sait quelque chose. Un serveur des années folles affirmait reconnaître trente-sept langues à l’oreille sans en parler aucune. Et l’adage du « monde entier » a été vérifié au moins une fois : le général de Gaulle s’y arrêta le jour même de la Libération de Paris, le monde passait, en effet.
Nos conseils pour la visite
Offrez-vous le millefeuille à l’heure creuse de l’après-midi, quand la terrasse respire, et levez les yeux : le plafond vaut le spectacle d’en face. L’enchaînement royal du quartier : visite du palais Garnier, senteurs au musée du Parfum, puis la place à la nuit tombée, quand Garnier s’allume.
Pour sa terrasse-observatoire de la place de l’Opéra, son décor Second Empire classé et ses habitués illustres, de Maupassant à Oscar Wilde : depuis 1862, c’est le salon public des Grands Boulevards.
Le millefeuille monté à la minute, croustillant d’anthologie, et les classiques de brasserie (sole, écailler). L’autre spécialité est immatérielle : voir passer Paris.
Bien sûr : la terrasse et le café font partie du rite parisien, sans obligation de repas. Aux heures de pointe, la salle historique absorbe l’attente avec panache.