Galeries Lafayette Haussmann
40 boulevard Haussmann, 75009 Paris
Levez les yeux : à 43 mètres au-dessus des parfums, la coupole des Galeries Lafayette déploie ses vitraux comme une rosace de cathédrale. Le grand magasin le plus célèbre du monde est né en 1893 d’une boutique de nouveautés de 70 m², à l’angle de la rue La Fayette et de la Chaussée-d’Antin, fondée par deux cousins alsaciens, Théophile Bader et Alphonse Kahn. Trente ans plus tard, leur bazar était devenu un palais Art nouveau, et son toit une piste d’atterrissage pour l’un des paris les plus fous de l’histoire parisienne.
Où se trouvent les Galeries Lafayette ? Repères sur le plan de Paris
Au 40 boulevard Haussmann, 9e, métro Chaussée d’Antin-La Fayette (7, 9) ou RER Auber, juste derrière le palais Garnier et à trois minutes du Café de la Paix. Le voisin et rival Printemps commence deux immeubles plus loin. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : du comptoir de nouveautés au vaisseau doré
Bader voit grand et achète un à un les immeubles voisins. En 1912, il confie à l’architecte Ferdinand Chanut son grand œuvre : une nef de commerce couronnée d’une coupole néo-byzantine dont les vitraux sortent des ateliers du maître verrier Jacques Gruber, gloire de l’école de Nancy, tandis que Louis Majorelle forge les rampes des balcons. Un escalier d’honneur inspiré de celui de l’Opéra descendait vers les parfums ; démonté en 1974, il hante encore les photographies anciennes. La formule de Bader, « un bazar où l’on trouve la mode », fit du 40 Haussmann le navire amiral d’un empire, et de sa terrasse l’un des plus beaux balcons de Paris.
Que voir ?
- La coupole de 1912, restaurée pour son centenaire : vitraux de Gruber, or et lumière.
- La passerelle de verre suspendue sous la coupole, pour marcher au-dessus du vide.
- Les balcons Art nouveau de Majorelle, à détailler d’étage en étage.
- La terrasse du dernier étage, gratuite : Opéra, tour Eiffel et toits de zinc à perte de vue.
- Les vitrines de Noël, pèlerinage parisien des petits et des grands depuis des générations.
Modalités et infos pratiques
- Accès : entrée libre, tous les jours en continu jusqu’en soirée, dimanche compris.
- Site : haussmann.galerieslafayette.com.
- Bon plan : la terrasse panoramique est libre d’accès aux heures d’ouverture.
La grande anecdote : un avion sur le toit
En 1909, la direction promet 25 000 francs au premier aviateur qui se posera sur le toit du magasin : 27 mètres sur 12, un mouchoir de poche bordé de balustrades. Roland Garros examine l’affaire et renonce. Le 19 janvier 1919, malgré l’interdiction préfectorale et une brume à couper au couteau, Jules Védrines pose son Caudron sur la terrasse, moteur coupé au ras des cheminées, sous les yeux de la presse convoquée. L’exploit fait la une du monde entier ; le héros, lui, se tue trois mois plus tard dans un raid vers Rome. Paris lui doit l’une de ses plus belles légendes de toits.
Nos conseils pour la visite
Montez d’abord : terrasse au couchant, quand l’or de l’Opéra s’embrase, puis redescendez d’étage en étage le long des balcons jusqu’au parvis des parfums, sous la coupole illuminée. En décembre, venez à la nuit tombée pour les vitrines animées. Et si l’art contemporain vous tente, la fondation du groupe, Lafayette Anticipations, expose dans le Marais à vingt minutes de métro.
Oui, la coupole se contemple librement depuis le rez-de-chaussée et les balcons des étages, aux heures d’ouverture du magasin. La terrasse panoramique du dernier étage est elle aussi en accès libre.
Oui, le 19 janvier 1919 : Jules Védrines y posa son Caudron pour remporter les 25 000 francs promis dix ans plus tôt au premier aviateur capable de l’exploit, malgré l’interdiction préfectorale et la brume. Roland Garros, lui, avait préféré renoncer.
Deux cousins alsaciens, Théophile Bader et Alphonse Kahn, qui ouvrent en 1893 une boutique de nouveautés de 70 m² à l’angle de la rue La Fayette. La coupole et le grand magasin actuel datent de 1912, sous la direction de l’architecte Ferdinand Chanut.