Entre deux avenues grondantes du 12e se cache un mirage : la rue Crémieux, ruelle pavée et piétonne bordée d’une quarantaine de maisonnettes aux couleurs de sorbet, rose, pistache, citron, lavande. Ce décor trop parfait attire depuis vingt ans clips, publicités, séries et shootings de mode : la rue est devenue un plateau de tournage à ciel ouvert, au grand dam parfois de ses habitants, qui cultivent l’humour en légitime défense.
Où se trouve la rue Crémieux ? Repères sur le plan de Paris
Dans le 12e arrondissement, entre la rue de Lyon et la rue de Bercy, à cinq minutes de l’Opéra Bastille et de la coulée verte, métro Quai de la Rapée (5) ou Gare de Lyon. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la cité ouvrière devenue arc-en-ciel
Percée en 1865 sous le nom d’avenue Millaud, la ruelle alignait des maisons ouvrières à deux étages, identiques et modestes, pour les employés du chemin de fer et des chantiers voisins ; elle prit en 1897 le nom de l’avocat Adolphe Crémieux. La crue de 1910 la transforma en canal, on y circula en barque, et deux plaques marquent encore le niveau des eaux. La couleur vint bien plus tard : dans les années 1990, les riverains repeignirent leurs façades en teintes vives, geste de gaieté devenu identité. Les repéreurs de cinéma flairèrent l’aubaine ; la rue enchaîne depuis les tournages, de la publicité automobile aux romances de plateformes.
Que voir ?
- La perspective pastel intégrale depuis la rue de Lyon, plus photogénique au grand-angle.
- Les trompe-l’œil : chats endormis peints sur les volets, faux oiseaux et plantes complices.
- Les plaques de la crue de 1910, à hauteur de genou, mémoire du canal éphémère.
- Les détails des maisonnettes : heurtoirs, faïences et jardinets de trois pas.
Modalités et infos pratiques
- Accès : rue piétonne, libre à toute heure ; c’est une rue habitée, discrétion de rigueur.
- Photo : lumière douce le matin ; trépieds et séances prolongées mal venus.
- Métro : Quai de la Rapée (5), Gare de Lyon (1, 14, RER).
Petites histoires et grandes anecdotes
Excédés par les influenceurs à trépied, les riverains ouvrirent un compte parodique épinglant les poses les plus absurdes photographiées depuis leurs fenêtres : la presse mondiale en fit ses choux gras, et la fréquentation doubla. On demanda même à la mairie des grilles fermant la rue aux heures des apéritifs dansants ; Paris trancha à la parisienne, par un panneau appelant au respect. Les tournages professionnels, eux, réservent la rue à l’aube : si vous croisez des projecteurs au petit matin, vous saurez que le sorbet passe à l’écran.
Nos conseils pour la visite
Venez avant 9 h, seul moment où la rue appartient aux chats peints et aux vrais. Enchaînez avec la coulée verte toute proche pour rejoindre Bastille en hauteur, ou l’Opéra Bastille pour une visite des coulisses : le 12e des découvertes tient dans un mouchoir pavé.
Ses maisonnettes ouvrières de 1865 ont été repeintes par leurs habitants en teintes pastel à partir des années 1990 : le geste de gaieté est devenu l’identité de la rue, aujourd’hui l’une des plus photographiées de Paris et un décor prisé des tournages.
Oui, c’est une rue publique et piétonne, accessible à toute heure ; mais elle est entièrement habitée. Photos discrètes, voix basses et façades non touchées : les riverains, très sollicités, apprécient les visiteurs délicats.
Clips musicaux, publicités, séries et séances de mode s’y succèdent, généralement au petit matin sur autorisation. La rue a aussi son histoire propre : la crue de 1910 l’avait changée en canal, comme en témoignent deux plaques de niveau des eaux.