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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

15e Arrt
pontMirabeau
Ponts 15e arrondissement

Pont Mirabeau

Pont Mirabeau, 75015 Paris

Le pont Mirabeau et ses arches d'acier sur la Seine
Photo : Guilhem Vellut from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Quatre vers ont suffi. En 1912, Guillaume Apollinaire, qui rentrait d’Auteuil par ce pont après sa rupture avec Marie Laurencin, écrivit les lignes les plus récitées de la poésie française : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine, et nos amours ». Le pont Mirabeau, arc d’acier lancé en 1896 par les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby (les mêmes que le pont Alexandre-III), était alors une prouesse technique ; il est devenu un monument sentimental.

Où se trouve le pont Mirabeau ? Repères sur le plan de Paris

Entre le 15e et le 16e arrondissement, métro Javel-André Citroën (10) ou Mirabeau (10), en aval de la Maison de la Radio et de l’île aux Cygnes. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : l’acier, l’eau et quatre allégories

Long de 173 mètres, le pont Mirabeau fut, à son achèvement, l’un des plus grands arcs métalliques de France : trois arches surbaissées, tablier léger, une élégance d’ingénieur que la Belle Époque savait rendre décorative. Jean-Antoine Injalbert sculpta quatre allégories de bronze adossées aux piles : la Ville de Paris, la Navigation, l’Abondance et le Commerce, statues que l’on ne voit bien que du fleuve ou des berges. Classé monument historique en 1975, le pont a été restauré à plusieurs reprises sans rien perdre de sa ligne. Une plaque, sur le parapet, porte les vers d’Apollinaire : les visiteurs les lisent à mi-voix, souvent.

Que voir ?

  • La plaque du poème d’Apollinaire, sur le parapet, côté rive gauche.
  • Les quatre allégories de bronze d’Injalbert, adossées aux piles : à voir depuis les berges.
  • L’arc d’acier surbaissé, ligne pure de 1896, en enfilade depuis le quai.
  • La vue sur l’île aux Cygnes et, au loin, la tour Eiffel.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : libre en permanence ; berges aménagées des deux côtés.
  • Métro : Mirabeau (10), Javel-André Citroën (10), RER C Javel.
  • Photo : depuis la berge rive gauche, arches et bronzes au soleil de l’après-midi.

Petites histoires et grandes anecdotes

Apollinaire publia le poème dans la revue Les Soirées de Paris avant de l’intégrer à Alcools en 1913 ; il en enregistra une lecture en 1913 aux Archives de la parole, l’une des rares captations de sa voix. Le pont porte le nom de Mirabeau, tribun de la Révolution, sans qu’aucun lien ne l’unisse au lieu : c’est l’avenue voisine qui a donné le nom. Et les mariniers, eux, l’appellent plus prosaïquement « le Mirabeau » en signalant sa passe navigable, indifférents à la mélancolie qui coule dessous.

Nos conseils pour la visite

Descendez sur la berge rive gauche pour découvrir les bronzes d’Injalbert, invisibles depuis le tablier, puis relisez le poème sur la plaque : l’effet est garanti. Remontez ensuite vers l’île aux Cygnes et le pont de Bir-Hakeim, à vingt minutes de marche : deux ouvrages d’acier, deux légendes, un même fleuve.

Pourquoi le pont Mirabeau est-il célèbre ?

Grâce au poème de Guillaume Apollinaire publié en 1912, « Sous le pont Mirabeau coule la Seine, et nos amours », l’un des textes les plus connus de la langue française. Une plaque en reproduit les vers sur le parapet.

Qui a construit le pont Mirabeau ?

Les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby, en 1896 : les mêmes qui signeront le pont Alexandre-III. Ses trois arches d’acier surbaissées en firent l’un des plus grands ponts métalliques de France, classé monument historique en 1975.

Que représentent les statues du pont Mirabeau ?

Quatre allégories de bronze sculptées par Jean-Antoine Injalbert et adossées aux piles : la Ville de Paris, la Navigation, l’Abondance et le Commerce. On ne les distingue bien que depuis les berges ou depuis un bateau.