Le passage des Princes
5 boulevard des Italiens, 75002 Paris
Le passage des Princes ferme une époque. Ouvert en 1860, il est le dernier passage couvert construit à Paris au XIXe siècle : après lui, les grands magasins et les boulevards haussmanniens rendront le modèle obsolète. Il est bâti à l’initiative du financier Jules Mirès, banquier flamboyant de l’époque, sur l’emplacement de l’hôtel des Princes, d’où son nom, et porta d’abord celui de passage Mirès.
Sa décoration relève déjà d’un autre âge que celle des galeries de 1825 : verrière ample, rotonde d’angle, ferronneries et globes lumineux, dans un goût Second Empire plus opulent que néoclassique. Le passage relie le boulevard des Italiens à la rue de Richelieu, en plein quartier de l’Opéra, alors le plus riche de Paris.
Où se trouve le passage des Princes
Il s’ouvre au 5 boulevard des Italiens, dans le 2e arrondissement, et débouche au 97 rue de Richelieu. Le palais Garnier est à cinq minutes, le passage des Panoramas à dix par le boulevard. Il est épinglé sur notre carte de Paris.
Démoli en 1985, reconstruit dix ans plus tard
Son histoire récente est unique. Menacé depuis des décennies, le passage est entièrement démoli en 1985 lors d’une opération immobilière, malgré les protestations. Le tollé est tel que la Ville impose sa reconstruction, réalisée dans les années 1990 sur les plans anciens et avec des matériaux similaires. Ce que l’on parcourt aujourd’hui est donc une restitution, mais une restitution fidèle, et le seul cas parisien d’un passage revenu d’entre les morts.
Jules Mirès, le banquier qui finit en prison
Le commanditaire mérite un mot. Jules Mirès, fils d’un modeste marchand de Bordeaux, monte à Paris et devient en quelques années l’un des financiers les plus puissants du Second Empire : il rachète des journaux, finance des chemins de fer espagnols, lance le Grand Central. Le passage est bâti au sommet de sa fortune. Un an plus tard, en 1861, il est arrêté pour abus de confiance, emprisonné, jugé, acquitté en appel, mais ruiné de réputation. Le passage lui a survécu ; son nom, non.
Ce qu’il faut regarder en passant
- La verrière et la rotonde d’angle, restituées d’après les plans d’origine.
- Les ferronneries et les globes lumineux, de goût Second Empire.
- Le contraste avec les galeries néoclassiques de 1825, plus sobres.
- L’entrée sur le boulevard des Italiens, ancien cœur du Paris élégant.
- Le palais Garnier, à cinq minutes à pied.
Y aller et le visiter
- Entrées : 5 boulevard des Italiens et 97 rue de Richelieu, 2e.
- Ouvert tous les jours, aux heures des commerces.
- Métro Richelieu, Drouot ou Quatre-Septembre.
- Inscrit au titre des monuments historiques.
Remontez le boulevard vers le passage des Panoramas et le passage Jouffroy : vous parcourrez soixante ans d’histoire des passages dans le sens inverse de leur construction.
C’est le dernier passage couvert construit à Paris au XIXe siècle, ouvert en 1860. Après lui, les grands magasins et les boulevards haussmanniens rendirent le modèle du passage obsolète.
Oui, entièrement en 1985, lors d’une opération immobilière. Devant les protestations, la Ville imposa sa reconstruction, réalisée dans les années 1990 d’après les plans d’origine.
Le financier Jules Mirès, en 1860, sur l’emplacement de l’hôtel des Princes, boulevard des Italiens. Le passage porta d’abord le nom de passage Mirès.