Dans les jardins dessinés au bas des Champs-Élysées, un pavillon néoclassique rose thé abrite l’une des tables les plus feutrées de la République. Laurent occupe un ancien pavillon de plaisir reconstruit en 1842 par Hittorff, l’architecte des jardins ; la légende locale fait remonter le site à un relais de chasse de Louis XIV, avant qu’une guinguette puis le café du Cirque n’y divertissent le Second Empire.
Repris par Laurent de Gourcuff avec le chef étoilé Mathieu Pacaud et un décor confié à Cordelia de Castellane, le pavillon a retrouvé son éclat et sa terrasse arborée, l’une des plus belles de Paris. La carte joue les grands classiques : croque-monsieur aux truffes, asperges au caviar, salade de homard, sole meunière au beurre de sarrasin, fraisier d’anthologie.
Où se trouve Laurent dans Paris
Le pavillon se cache au 41 de l’avenue Gabriel, dans les jardins des Champs-Élysées, entre le Club Marigny et le Petit Palais, à trois cents mètres du palais de l’Élysée. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
La table où Paris se dit tout bas
Depuis un siècle et demi, Laurent est la cantine discrète des pouvoirs : ministres en confidences, capitaines d’industrie, éditeurs et académiciens s’y répartissent les tables du jardin selon une géographie invisible que les maîtres d’hôtel gardent en mémoire. On raconte que des pactes politiques et des fusions célèbres se sont scellés sous ses marronniers, entre la poire et le fraisier. La cave, l’une des plus profondes de Paris, aligne les grands bordeaux et les bourgognes rares qui accompagnent ces conversations sans témoins.
Le conseil d’initié : demander une table en lisière de terrasse à la tombée du jour, quand les lampes s’allument dans les arbres et que le pavillon rose semble flotter sur les jardins.
Ce qu’il faut goûter chez Laurent
- Le croque-monsieur aux truffes, luxe assumé
- Les asperges vertes coiffées de caviar
- La sole meunière au beurre de sarrasin
- Le fraisier maison, monument pâtissier
Y aller et réserver
Laurent, 41 avenue Gabriel, 75008 Paris. Métro Champs-Élysées-Clemenceau (lignes 1 et 13). Fermé le week-end le plus souvent. Réservation indispensable, tenue élégante de rigueur. Comptez de 90 à 200 €.
Un pavillon des jardins des Champs-Élysées reconstruit en 1842 par Hittorff, devenu restaurant sous le nom d’un propriétaire du Second Empire, après avoir été guinguette et café du Cirque.
Sa terrasse isolée dans les jardins, à trois cents mètres de l’Élysée, en fait depuis un siècle et demi le refuge des déjeuners confidentiels de la politique et des affaires.
Le chef étoilé Mathieu Pacaud, arrivé avec Laurent de Gourcuff, dans un décor repensé par Cordelia de Castellane.