Le plus discret des palaces parisiens n’a même pas d’enseigne voyante : un perron, un portier, des rideaux pourpres. La Réserve Paris, ouverte en 2015 dans un hôtel particulier du Second Empire face aux jardins de l’avenue Gabriel, joue la partition inverse des grandes machines : une quarantaine de chambres et suites seulement, un décor de velours et d’acajou signé Jacques Garcia, un service au cordeau, et la distinction Palace dès 2016, l’une des plus rapides jamais accordées. C’est la maison du groupe de Michel Reybier, l’homme de Cos d’Estournel.
Où se trouve La Réserve ? Repères sur le plan de Paris
42 avenue Gabriel, 8e, entre l’Élysée et le Grand Palais, métro Champs-Élysées, Clemenceau (1, 13). Le Petit Palais est à cinq minutes par les jardins. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : une maison particulière, au sens propre
L’immeuble, élevé sous le Second Empire à l’ombre des jardins dessinés par Hittorff, fut une résidence privée avant de traverser le XXe siècle en adresse de bureaux feutrés, le duc de Morny, maître du quartier en son temps, hante volontiers les récits de la maison. Michel Reybier le métamorphosa en 2013-2015 avec une idée fixe : recréer l’hôtel particulier habité, pas l’hôtel. Pas de hall traversant, pas de galerie marchande ; on entre ici comme chez un ami fortuné, qui aurait par bonheur un chef doublement étoilé aux fourneaux.
Les services : ce qui fait un palace
- 40 chambres et suites, la plupart tournées vers les jardins, le Grand Palais ou la tour Eiffel.
- Le Gabriel, table gastronomique de Jérôme Banctel parmi les plus décorées de la capitale, et La Pagode de Cos, clin d’œil asiatique du propriétaire vigneron.
- Piscine de 16 mètres sous lumière tamisée, spa Nescens venu de la clinique genevoise du groupe.
- Bibliothèque-fumoir, bar confidentiel, voitures de maison.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 42 avenue Gabriel, 75008 Paris.
- Réservations : lareserve-paris.com.
- Sans dormir : déjeuner au Gabriel (menu du midi plus doux que la carte du soir), thé à la bibliothèque, la petite jauge impose de réserver tôt.
Petites histoires et grandes anecdotes
Les habitués l’appellent « la maison rouge », pour ses stores et pour le pourpre profond que Jacques Garcia a déroulé jusque dans les ascenseurs. Détail qui dit tout : le personnel dépasse largement le nombre des chambres, ratio parmi les plus élevés d’Europe. Et depuis certaines baignoires en marbre, on aperçoit à la fois la tour Eiffel et le toit de verre du Grand Palais : deux expositions universelles dans une seule salle de bains.
Nos conseils pour la visite
Tentez le déjeuner du Gabriel en semaine : la grande cuisine à sa porte la plus accessible, jardins d’Hittorff pour la digestion. En sortant, longez l’avenue jusqu’au théâtre de verdure, puis traversez vers le Petit Palais et le Grand Palais, le quartier de La Réserve est un musée à ciel ouvert.
Par choix : une quarantaine de clés seulement, pas de flux de passage, une entrée discrète face aux jardins, la maison cultive l’esprit de résidence privée plus que d’hôtel, ce qui lui vaut une clientèle farouchement fidèle.
Michel Reybier, entrepreneur et propriétaire du grand cru Cos d’Estournel : l’hôtel appartient à sa collection familiale, avec les Réserve de Genève et Ramatuelle, d’où la belle carte des vins de la maison.
En 2016, un an à peine après son ouverture, l’une des accessions les plus rapides de l’histoire du label, saluée par toute la profession.
C’est sans doute sa spécialité : petite jauge, salons intimes, vues sur les jardins et la tour Eiffel, les demandes en mariage y sont, dit-on, statistiquement au-dessus de la moyenne parisienne.