Il y a des palaces où l’on se sent invité plutôt que client : Le Bristol est de ceux-là. Ouvert en 1925 au 112 rue du Faubourg-Saint-Honoré par Hippolyte Jammet, baptisé en hommage au comte de Bristol, voyageur du XVIIIe siècle si exigeant que l’Europe donna son nom aux meilleures auberges -, il fut en 2011 l’un des tout premiers établissements de France à recevoir la distinction officielle « Palace ». Cent ans plus tard, la maison n’a rien perdu de son esprit : celui d’une grande demeure française, jardin compris.
Où se trouve Le Bristol ? Repères sur le plan de Paris
112 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 8e, entre l’Élysée et la place Beauvau, métro Miromesnil (9, 13). La Maison Élysée est à trois minutes, le Petit Palais à dix. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : de l’hôtel de Castellane à la maison Oetker
Le terrain portait l’hôtel particulier du comte Jules de Castellane, dont le petit théâtre privé amusa tout le Paris romantique, notre vignette le montre gravé en 1862. Hippolyte Jammet y bâtit son hôtel en 1925, avec une idée neuve : des salles de bains partout et un service de maison particulière. Racheté en 1978 par la famille allemande Oetker, agrandi vers la rue de Ponthieu, Le Bristol est resté une affaire de famille, la plus longue fidélité capitalistique de l’hôtellerie parisienne, et le vaisseau amiral d’une collection qui compte le Cap-Eden-Roc. Pendant l’Occupation, l’hôtel abrita nombre de diplomates américains ; à la Libération, il fut de ces adresses où Paris réapprit à danser.
Les services : ce qui fait un palace
- 190 chambres et suites, dont les suites Panoramique et Paris face aux toits.
- Épicure, la table trois étoiles d’Éric Frechon puis de ses héritiers, et le 114 Faubourg, étoilé lui aussi.
- Le jardin à la française de 1 200 m², le plus grand jardin de palace parisien.
- La piscine des toits, dessinée comme le pont d’un yacht par un architecte naval, vue sur Montmartre.
- Spa, salon de coiffure historique, et le café Antonia pour le thé.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 112 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.
- Réservations : oetkercollection.com ; comptez un budget de grand soir, mais le café et les bars s’offrent plus doucement.
- Sans dormir : thé au café Antonia, verre au bar, déjeuner au 114 Faubourg, tenues soignées bienvenues.
Petites histoires et grandes anecdotes
La maison a deux mascottes : les chats birmans, de Fa-raon à ses successeurs, qui règnent sur le hall comme des concierges à moustaches. C’est aussi sous les lambris du Bristol que s’ouvre Minuit à Paris de Woody Allen, déclaration d’amour d’un habitué. Et chaque été, la façade disparaît sous les géraniums, tradition maison depuis un siècle.
Nos conseils pour la visite
Réservez un thé au café Antonia en fin d’après-midi : on y goûte le palace pour le prix d’une pâtisserie, signée par l’une des meilleures équipes sucrées de Paris. Puis remontez le faubourg des vitrines vers la Maison Élysée, ou filez comparer les jardins avec ceux du musée Nissim de Camondo, le 8e se raconte de salon en salon.
En hommage à Frederick Hervey, comte de Bristol, grand voyageur du XVIIIe siècle réputé pour son exigence : son nom devint dans toute l’Europe synonyme d’hôtel de premier ordre, Hippolyte Jammet le choisit en 1925.
Oui : le café Antonia, les bars et les restaurants sont ouverts aux visiteurs extérieurs, sur réservation pour les tables. Le jardin et la piscine restent réservés aux hôtes de la maison.
Oui, et depuis le premier jour : il fait partie de la première promotion de la distinction Palace créée par l’État en 2010-2011, et n’a jamais quitté la liste depuis.
Perchée au sixième étage, elle fut dessinée par un architecte naval comme le pont teck d’un voilier, fresque de la baie des Anges comprise, l’une des plus belles piscines d’hôtel d’Europe.