Mémorial des martyrs de la Déportation
Square de l'Île-de-France, 75004 Paris
On descend deux volées de marches étroites, la Seine disparaît, le ciel se réduit à une meurtrière : à la pointe orientale de l’île de la Cité, derrière Notre-Dame, le Mémorial des martyrs de la Déportation (1962) est une œuvre d’architecture totale. Georges-Henri Pingusson y a voulu « l’inverse d’un monument » : une crypte nue où scintillent 200 000 bâtonnets de verre, un par déporté parti de France, résistants, otages, Juifs, tsiganes, tous honorés ensemble.
Où se trouve le Mémorial ? Repères sur le plan de Paris
Square de l’Île-de-France, quai de l’Archevêché, 4e, derrière Notre-Dame, métro Cité (4) ou Saint-Michel. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le monument inversé
Voulu par le Réseau du souvenir et inauguré par le général de Gaulle en 1962, le mémorial refuse la statuaire héroïque : béton rugueux, herse de fer, triangles noirs rappelant les marquages des camps, et la tombe du déporté inconnu, ramené du camp de Natzweiler-Struthof. Les parois portent des vers de Desnos, Éluard, Aragon, Sartre, la poésie en garde d’honneur.
Que voir ?
- La descente et le parvis face à la Seine, seuil d’un autre monde.
- La galerie aux 200 000 éclats de verre illuminés, face à la flamme.
- La tombe du déporté inconnu et les urnes de terre des camps.
- Les inscriptions des poètes et les noms des camps scellés dans le béton.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : square de l’Île-de-France, 75004 Paris.
- Jours et horaires indicatifs : tous les jours sauf lundi, entrée libre, informations sur onac-vg.fr.
- Durée conseillée : 30 minutes, dans le silence.
Avant ou après
Le lieu se suffit ; s’il ouvre une soif d’histoire, le Mémorial de la Shoah est à dix minutes par le pont Saint-Louis, et la crypte archéologique, de l’autre côté de Notre-Dame, replonge l’île dans ses vingt siècles.
L’ensemble des quelque 200 000 déportés partis de France entre 1941 et 1944 vers les camps nazis, toutes persécutions confondues, chaque éclat de verre de la galerie en représente un.
L’architecte Georges-Henri Pingusson, en 1962 : sa crypte de béton brut, anti-monument volontairement oppressant puis lumineux, est classée parmi les chefs-d’œuvre de l’architecture sacrée du XXe siècle.
Non, l’accès est libre et gratuit aux heures d’ouverture, le site, géré avec l’Office national des combattants et victimes de guerre, demande simplement le silence.