Rien n’a bougé depuis le 24 novembre 1929 au matin. Le musée Clemenceau conserve tel quel l’appartement de rez-de-jardin où le « Père la Victoire » vécut ses trente dernières années : le lit étroit, les bottines aux pieds du fauteuil, les pinceaux de Monet en cadeau d’ami. On n’y visite pas l’Histoire, on y entre chez un vieil homme immense.
Où se trouve le musée Clemenceau ? Repères sur le plan de Paris
8 rue Benjamin-Franklin, 16e, à trois minutes du Trocadéro, métro Passy (6) ou Trocadéro (6, 9). L’épingle est sur notre carte de Paris, à un jet de pierre des musées de Chaillot.
Une histoire : le Tigre au jardin
Clemenceau s’installe ici en 1896, simple locataire, et n’en partira plus. C’est de cet appartement qu’il part présider le Conseil en 1917, à 76 ans, pour mener la guerre « jusqu’au bout ». Ami intime de Monet, il arrachera au peintre la donation des Nymphéas, l’Orangerie lui doit tout. Le premier étage documente la vie publique ; le rez-de-chaussée garde la vie tout court.
Que voir ?
- Le bureau et sa table en fer à cheval, croulant sous les souvenirs.
- La chambre spartiate, les vareuses et le célèbre chapeau.
- Les cadeaux de Monet, dont un tableau accroché où il l’aimait.
- Le jardin sur cour, indifférent au siècle.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 8 rue Benjamin-Franklin, 75116 Paris.
- Jours et horaires indicatifs : ouvert l’après-midi du mardi au samedi, musee-clemenceau.fr.
- Durée conseillée : 1 h.
Nos conseils pour la visite
Venez en fin d’après-midi, quand le jardin s’adoucit, et lisez les lettres exposées : la plume du Tigre valait ses griffes. À enchaîner avec le musée de l’Homme ou, pour rester dans l’amitié Monet-Clemenceau, avec un pèlerinage aux Nymphéas.
Entièrement : meubles, objets et livres sont restés en place depuis sa mort en novembre 1929, selon la volonté de ses proches. C’est l’un des intérieurs historiques les mieux préservés de Paris.
Une amitié de quarante ans : Clemenceau soutint le peintre dans l’épreuve de la cataracte et obtint la donation des Nymphéas à la France, installées selon leurs vœux à l’Orangerie en 1927.
Une heure environ : l’appartement au rez-de-jardin, puis la galerie documentaire à l’étage, consacrée au père de la victoire de 1918.