À deux cents mètres de la tour Eiffel, une forêt pousse le long de la Seine. Derrière elle, une longue arche rouge et ocre sur pilotis : le musée du quai Branly — Jacques-Chirac, consacré aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Un musée-manifeste, voulu pour donner enfin aux « arts premiers » la place que Paris leur devait : la première.
On y circule dans une pénombre chaude, le long d’une rivière de cuir qui serpente entre masques dogons, moai de l’île de Pâques et parures d’Amazonie. Dépaysement garanti, à dix minutes du Champ-de-Mars.
Où se trouve le musée du quai Branly ? Repères sur le plan de Paris
Au 37 quai Jacques-Chirac (ex-quai Branly), 7e arrondissement, entre le pont de l’Alma et la tour Eiffel. RER C Pont de l’Alma, métro Alma-Marceau (ligne 9) puis passerelle Debilly — la plus jolie approche. Repérez-le sur notre carte de Paris : c’est l’épingle qui regarde la Seine à l’ouest, presque aux pieds de la dame de fer.
Une idée présidentielle, un bâtiment-paysage
L’histoire commence par une passion présidentielle : Jacques Chirac, amoureux des arts d’Asie et d’ailleurs, veut un grand musée des cultures non occidentales. Le projet fusionne les collections du musée de l’Homme et du musée des Arts d’Afrique et d’Océanie ; Jean Nouvel signe l’écrin, inauguré le 20 juin 2006.
Nouvel refuse le monument : il dessine un pont habité de 200 mètres, posé sur pilotis dans un jardin de Gilles Clément pensé comme un sous-bois. Côté quai, le botaniste Patrick Blanc plante en 2005 son chef-d’œuvre : un mur végétal de 800 m² et quinze mille plantes, devenu l’une des façades les plus photographiées de Paris. Le musée du quai Branly a pris en 2016 le nom de son fondateur — et n’a rien perdu de son audace.
Les collections permanentes : quatre continents sur un plateau
Environ 3 500 œuvres exposées, choisies parmi 300 000, sur un plateau unique que l’on parcourt librement, de l’Océanie vers les Amériques. Les instruments de musique montent la garde dans une tour de verre traversant tous les niveaux.
- Les grands masques et statues dogons, fang et baoulé — l’Afrique dans toute sa force plastique.
- Le moai de l’île de Pâques et les mâts sculptés d’Océanie.
- Les parures de plumes d’Amazonie, éclatantes comme au premier jour.
- Costumes, laques et théâtres d’ombres d’Asie.
- La tour de verre aux 9 500 instruments de musique, colonne vertébrale magique du bâtiment.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : 37 quai Jacques-Chirac, 75007 Paris.
- Transports : RER C Pont de l’Alma ; métro 9 Alma-Marceau ou Iéna ; bus 42, 63, 80, 92.
- Jours et horaires indicatifs : fermé le lundi ; nocturne le jeudi — détails sur le site officiel.
- Billets : réservation sur quaibranly.fr ; gratuité le premier dimanche du mois et pour les moins de 26 ans de l’UE.
- Durée conseillée : 2 h, jardin compris — il fait partie de la visite.
- Vue en prime : la terrasse du restaurant panoramique regarde la tour Eiffel les yeux dans les yeux.
Petites histoires et grandes anecdotes
Le mur végétal faillit ne jamais exister : la technique de Patrick Blanc — des plantes sans terre, sur feutre irrigué — semblait une folie à l’échelle d’une façade parisienne. Quinze mille plantes plus tard, elle a fait école dans le monde entier. Les jardiniers l’entretiennent suspendus en rappel, comme des alpinistes du végétal : levez les yeux, vous les croiserez peut-être.
Autre discrétion délicieuse : le bâtiment abrite sur son toit un « nuage » de verre voulu par Nouvel pour brouiller la silhouette — la tour Eiffel s’y reflète au couchant, récompense des visiteurs qui s’attardent au jardin.
Nos conseils pour la visite
Entrez par la passerelle Debilly pour l’approche par la Seine, flânez d’abord dans le jardin, puis laissez-vous avaler par la rampe en spirale. Le jeudi soir, la nocturne marie pénombre du plateau et lumières de la tour toute proche. Et pour rester dans les chefs-d’œuvre, le musée Rodin et le musée d’Orsay prolongent la rive gauche en beauté.
Le plateau des collections avec les masques d’Afrique, le moai de l’île de Pâques, les parures d’Amazonie et la tour de verre aux 9 500 instruments — sans oublier, dehors, le mur végétal de Patrick Blanc et le jardin de Gilles Clément.
Le musée, voulu et inauguré par Jacques Chirac en 2006, a pris son nom en 2016 en hommage à son fondateur. Le quai lui-même a été rebaptisé quai Jacques-Chirac en 2021 — le nom d’usage « quai Branly » est resté.
Oui : il habille la façade côté quai, librement admirable depuis la rue et la passerelle Debilly. Le jardin, lui, se découvre avec le billet — il fait pleinement partie du parcours.
Environ deux heures : trois quarts d’heure de jardin et de façades, le reste sur le plateau des collections. Ajoutez un moment au café du jardin si le soleil joue dans les bambous.
Très : cinq minutes à pied le long du quai. Beaucoup de visiteurs combinent les deux dans la même demi-journée — montez à la tour le matin, offrez-vous les quatre continents l’après-midi.