Isoler le fluor, l’élément qui avait tué ou mutilé plusieurs chimistes avant lui : c’est l’exploit qui valut à Henri Moissan, en 1906, le premier prix Nobel de chimie français. Le musée Moissan, inauguré en 1925 à la faculté de pharmacie de l’avenue de l’Observatoire, conserve comme un reliquaire son laboratoire reconstitué : appareils en platine ayant résisté au gaz terrible, four électrique à arc de son invention, carnets, et les fameux essais de synthèse du diamant qui firent rêver la Belle Époque.
Où se trouve le musée Moissan ? Repères sur le plan de Paris
Faculté de pharmacie, 4 avenue de l’Observatoire, 6e, face aux jardins de l’Observatoire, RER B Port-Royal. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le dompteur d’éléments
Fils de modestes employés, pharmacien de formation, Moissan réussit en 1886 ce que la chimie tentait depuis un siècle : piéger le fluor par électrolyse à -50 °C, dans des appareils en platine de sa conception. Son four à arc électrique, capable de 3 500 degrés, ouvrit la chimie des hautes températures, carbures, silicium, pierres fondues. Ses « diamants artificiels » restèrent discutés, mais la méthode fonda une industrie.
Que voir ?
- Le laboratoire reconstitué avec paillasse, verrerie et instruments d’origine.
- Les appareils en platine de l’isolement du fluor (1886).
- Le four électrique à arc, machine mythique de la chimie des extrêmes.
- Souvenirs, médailles et documents du Nobel 1906.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : faculté de pharmacie, 4 avenue de l’Observatoire, 75006 Paris.
- Visite : sur rendez-vous et lors d’ouvertures ponctuelles (Journées du patrimoine, Fête de la science), renseignements via pharmacie.u-paris.fr.
- Durée conseillée : 45 minutes.
Nos conseils
Profitez d’une ouverture pour admirer aussi la faculté elle-même, mosaïques, salles d’apparat, jardin botanique de plantes médicinales. Le circuit des sciences du quartier s’écrit tout seul : Moissan, musée Curie, Histoire de la médecine, trois Nobel et mille fioles dans un rayon de quinze minutes.
Un pharmacien et chimiste parisien (1852-1907), premier Français à recevoir le prix Nobel de chimie (1906) pour l’isolement du fluor et son four électrique à arc, deux exploits accomplis dans les laboratoires de l’École de pharmacie.
Il l’a cru : ses expériences au four électrique produisirent de minuscules cristaux qu’il tint pour du diamant. La science a depuis tranché, probablement pas -, mais ses travaux ouvrirent la voie aux vrais diamants de synthèse du XXe siècle.
Sur rendez-vous auprès de la faculté de pharmacie ou lors d’événements comme les Journées du patrimoine : le musée, niché dans l’université, n’a pas d’ouverture quotidienne.