Quand le cinéma français veut la nuit, il monte à Pigalle. La place Pigalle, sa fontaine et ses néons ont aimanté tous les polars : Jean-Pierre Melville ouvre Bob le flambeur (1956) dans ce petit matin blême entre Montmartre et les boulevards, puis y revient traquer Un flic (1972). Le quartier a changé de vie, cocktails et hôtels remplaçant peu à peu les vitrines rouges, mais la géographie du mythe est intacte.
Où se trouve la place Pigalle ? Repères sur le plan de Paris
La place articule le boulevard de Clichy et la rue Jean-Baptiste-Pigalle, frontière des 9e et 18e : métro Pigalle (2, 12). La rue Lepic d’Amélie grimpe à cinq minutes, changement d’ambiance garanti. Épingle sur notre carte de Paris.
La scène : « Pigalle, à l’heure où les enseignes s’éteignent »
Bob le flambeur (1956) : la voix de Melville lui-même présente son héros dans un Pigalle d’aube grise, entre dernière partie de cartes et premiers balayeurs. Tourné en décors réels, caméra légère, le film invente dix ans avant la lettre la Nouvelle Vague et sacre le quartier capitale du polar. Un flic (1972) y ramènera Delon, imperméable et regard las, dans la même lumière de fin de nuit.
Le Pigalle d’aujourd’hui se raconte en terrasses et néons ressuscités : la fontaine de la place, les façades des anciens cabarets et les rues qui dévalent vers la Trinité gardent l’exact décor des films, à la figuration près. L’heure bleue, juste avant l’aube, reste la plus melvillienne des expériences parisiennes.
Que voir sur place ?
- La fontaine de la place, île centrale du ballet des nuits.
- Les néons du boulevard de Clichy, mémoire lumineuse du quartier.
- Les rues Frochot et Victor-Massé, villas cachées et guitares vintage.
- Vers le sud, l’église de la Trinité et le Pigalle des théâtres.
Y aller
- Adresse : Place Pigalle, 75009 Paris.
- Métro : Pigalle (2, 12).
- L’heure melvillienne : l’aube ou l’heure bleue, quand les enseignes s’éteignent.
Nos conseils pour la visite
Offrez-vous un lever du jour place Pigalle, café serré au premier comptoir ouvert : c’est l’ouverture de Bob le flambeur en réalité augmentée d’un simple silence. Remontez ensuite vers la rue Lepic : du polar à Amélie, il n’y a qu’une pente.
Parce que Melville y a ancré Bob le flambeur en 1956, tourné dans les rues réelles du quartier, puis Un flic en 1972 : le Pigalle des nuits, des cercles de jeu et des néons est devenu la matrice visuelle du polar parisien.
Oui : le quartier s’est largement réinventé, bars à cocktails, hôtels et salles mythiques côtoyant les derniers néons historiques. La place et ses rues adjacentes se flânent sans souci, de jour comme en soirée.
Les villas cachées des rues Frochot et Victor-Massé, les guitares de la rue de Douai, le boulevard de Clichy et, en cinq minutes de montée, le Montmartre d’Amélie : deux mondes de cinéma dos à dos.
Le carnet continue
Lieux de tournage
Jardin du Luxembourg
6e arrondissement
Rue Crémieux
12e arrondissement
Pont de Bir-Hakeim
15e arrondissement
Cirque d’hiver Bouglione
11e arrondissement
Gare d’Austerlitz
13e arrondissement
Avenue de Camoëns
16e arrondissement
Hôtel Regina
1er arrondissement