Son nom dit tout son passé : sur le pont au Change travaillaient les changeurs et orfèvres du royaume, installés là par ordonnance royale dès le XIIe siècle. On y pesait les monnaies, on y troquait les écus étrangers, dans des maisons de bois pressées les unes contre les autres au-dessus de la Seine. Reconstruit en pierre sous Napoléon III en 1860, il porte aujourd’hui le grand N impérial sur ses tympans, et offre la plus belle vue sur la Conciergerie.
Où se trouve le pont au Change ? Repères sur le plan de Paris
Entre le 1er et le 4e arrondissement, du Châtelet à l’île de la Cité, métro Châtelet (1, 4, 7, 11, 14) ou Cité ; la Conciergerie et la Sainte-Chapelle sont au bout. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : de l’or, du feu et un empereur
Le pont médiéval, alors dit « grand pont », fut le cœur financier de Paris : les changeurs y tenaient boutique, obligés par le roi d’y rester pour que leur commerce fût surveillé. Un privilège savoureux s’y attachait : lors de la première entrée d’un roi dans sa capitale, les orfèvres du pont devaient lâcher des centaines d’oiseaux au passage du cortège. Incendié en 1621, rebâti, chargé de maisons puis dégagé en 1788, il fut enfin reconstruit en 1860 par les ingénieurs Vaudrey et Lagalisserie dans le cadre des travaux d’Haussmann : trois arches de pierre, larges trottoirs, et les initiales de l’empereur gravées de part et d’autre. Le boulevard du Palais qu’il prolonge devint l’axe judiciaire de Paris.
Que voir ?
- Le N impérial couronné, sculpté sur les tympans de chaque arche.
- La vue sur la Conciergerie et ses tours, la plus photographiée du pont.
- La perspective vers le Pont-Neuf en aval, et le quai de l’Horloge.
- L’horloge de la tour de l’Horloge, la plus ancienne de Paris, juste en face.
Modalités et infos pratiques
- Accès : libre en permanence, larges trottoirs.
- Métro : Châtelet (1, 4, 7, 11, 14), Cité (4).
- Photo : depuis le quai de la Mégisserie au couchant, la Conciergerie dorée.
Petites histoires et grandes anecdotes
La coutume des oiseaux lâchés valut au pont une réputation de volière : les orfèvres achetaient d’avance des cages entières pour ne pas manquer à leur obligation, et l’on raconte qu’à l’entrée de Louis XIII, les moineaux affolés retombèrent dans les cheveux des dames. Autre mémoire, plus sombre : c’est de ce pont que partaient les charrettes vers la Conciergerie, antichambre de la guillotine. Et les Parisiens d’aujourd’hui y voient surtout le décor du dernier plan de bien des films policiers, tribunal en toile de fond.
Nos conseils pour la visite
Passez-y au coucher du soleil, quand la Conciergerie s’embrase : c’est le meilleur angle de Paris sur les tours de Philippe le Bel. Enchaînez par la Sainte-Chapelle ou remontez vers le Châtelet pour un spectacle ; les amateurs de ponts continueront vers le Pont-Neuf, à trois cents mètres en aval.
Des changeurs de monnaie et orfèvres que le roi obligea, dès le XIIe siècle, à tenir boutique sur ce pont pour que leur commerce soit contrôlé. Le pont fut le cœur financier de Paris pendant des siècles.
Ce sont les initiales de Napoléon III, sous le règne duquel le pont actuel fut reconstruit en 1860, dans le cadre des grands travaux haussmanniens. Le N couronné orne les tympans de chaque arche.
Celle sur la Conciergerie et ses tours médiévales, en amont, particulièrement au couchant ; en aval, la perspective file vers le Pont-Neuf et la pointe de l’île de la Cité.