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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

7e Arrt
pontde la Concorde
Ponts 7e arrondissement

Pont de la Concorde

Pont de la Concorde, 75007 Paris

Le pont de la Concorde et la place, vue d'époque
Photo : Berthault, Pierre-Gabriel (Saint-Maur-des-Fossés, 16-12-1737 – Paris, 03-03-1831, CC0, via Wikimedia Commons

Chaque jour, des milliers de Parisiens traversent une prison. Commencé en 1787 par l’ingénieur Jean-Rodolphe Perronet, le pont de la Concorde fut achevé en 1791 avec les pierres de la Bastille démolie : le peuple, disait-on alors, pourrait ainsi « écraser sous ses pas » la forteresse honnie. De la place de la Concorde à l’Assemblée nationale, il porte encore, dans ses parapets, les moellons du 14 juillet.

Où se trouve le pont de la Concorde ? Repères sur le plan de Paris

Entre le 7e et le 8e arrondissement, métro Concorde (1, 8, 12) ou Assemblée nationale, dans l’axe de l’obélisque et du Palais Bourbon ; l’hôtel de la Marine veille sur la rive droite. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : quatre régimes, un pont

Perronet, patriarche des ponts et chaussées, avait 79 ans quand il posa ses arches surbaissées, si audacieuses qu’on l’accusa de bâtir « une passerelle de dentelle ». La Révolution acheva l’ouvrage et changea son nom quatre fois : pont Louis XVI, pont de la Révolution, pont de la Concorde, puis pont Louis XVI de nouveau sous la Restauration, avant de retrouver définitivement la Concorde en 1830. Louis-Philippe voulut y dresser douze statues colossales de grands hommes ; elles pesaient si lourd qu’on les évacua vers Versailles, le pont menaçant de plier. Élargi au double de sa largeur entre 1930 et 1932, il a gardé, côté amont, ses parapets d’origine. Détail cher aux Parisiens : il n’a aucun anneau d’amarrage, comme si l’on refusait d’y attacher quoi que ce soit.

Que voir ?

  • Les pierres de la Bastille dans l’appareil ancien, côté amont : cherchez les moellons irréguliers.
  • L’alignement parfait Madeleine, obélisque, pont, Palais Bourbon : l’axe le plus politique de Paris.
  • Les arches surbaissées de Perronet, prouesse du XVIIIe siècle, visibles depuis les berges.
  • La perspective sur le pont Alexandre-III et les Invalides, en aval.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : libre en permanence, trottoirs larges des deux côtés.
  • Métro : Concorde (1, 8, 12), Assemblée nationale (12).
  • Photo : depuis les berges rive gauche, au couchant, l’obélisque dans l’axe.

Petites histoires et grandes anecdotes

Les entrepreneurs de la démolition de la Bastille firent fortune en revendant ses pierres taillées : les plus belles ont servi ici, d’autres devinrent des maquettes-souvenirs vendues dans toute l’Europe. Sous la Terreur, la guillotine dressée place de la Révolution se trouvait à cent mètres de la tête du pont : les charrettes le franchissaient parfois pour rejoindre l’échafaud. Et quand Louis-Philippe fit retirer ses douze géants de marbre, un caricaturiste écrivit que « le pont, comme la France, s’était trouvé trop chargé de grands hommes ».

Nos conseils pour la visite

Traversez-le à pied de l’obélisque vers l’Assemblée en fin d’après-midi, quand la lumière rase le Palais Bourbon, puis redescendez sur les berges pour voir les arches par-dessous. Enchaînez par le pont Alexandre-III à cinq minutes en aval, ou par l’hôtel de la Marine pour le contraste des ors.

Le pont de la Concorde est-il vraiment construit avec les pierres de la Bastille ?

Oui : commencé en 1787, il fut achevé en 1791 en réemployant les pierres de la forteresse démolie après le 14 juillet 1789. L’idée, très politique, était que le peuple puisse fouler aux pieds les murs de sa prison.

Pourquoi le pont de la Concorde a-t-il changé de nom si souvent ?

Il fut successivement pont Louis XVI, pont de la Révolution, pont de la Concorde, puis de nouveau pont Louis XVI sous la Restauration, avant de reprendre définitivement son nom en 1830 : chaque régime a voulu marquer de son empreinte l’axe reliant la place à l’Assemblée.

Qui a construit le pont de la Concorde ?

Jean-Rodolphe Perronet, fondateur de l’École des ponts et chaussées, alors âgé de 79 ans. Ses arches très surbaissées passèrent pour téméraires ; le pont fut élargi entre 1930 et 1932 en conservant les parapets d’origine côté amont.