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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 8 septembre 2026

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Schiaparelli

Schiaparelli, la naissance d’une maison surréaliste

Une robe du soir d'Elsa Schiaparelli, 1937
Joe Mabel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Schiaparelli commence par un tricot. En 1927, Elsa Schiaparelli, Romaine de bonne famille arrivée à Paris après un mariage raté à New York, fait tricoter par des brodeuses arméniennes installées dans la capitale un pull-over noir orné d’un grand nœud blanc peint en trompe-l’œil. Une acheteuse américaine en commande quarante. La maison est lancée depuis une mansarde de la rue de la Paix, sans investisseur ni école de couture.

En 1932, elle emploie déjà quatre cents personnes et produit huit mille pièces par an. En janvier 1935, elle s’installe au 21 place Vendôme, dans un hôtel particulier qu’elle fait moderniser par le décorateur Jean-Michel Frank et où elle ouvre une boutique au rez-de-chaussée, mot alors inédit dans la couture. Elle y vend des accessoires en libre choix, ce qui scandalise la profession et deviendra la règle générale.

Schiaparelli, Dalí et le rose shocking

À partir de 1935, elle travaille avec Salvador Dalí, Jean Cocteau, Man Ray, Alberto Giacometti. De cette complicité naissent la robe homard, le chapeau-chaussure, la robe déchirée en trompe-l’œil, des boutons en forme de cacahuètes ou d’acrobates. En 1937, elle lance le parfum Shocking dans un flacon en forme de buste, inspiré du mannequin de Mae West, et fixe une couleur qui portera son nom : le rose shocking, un magenta vif emprunté à un diamant de la collection Cartier.

La rivalité avec Chanel

Place Vendôme, deux femmes régnaient à quelques mètres l’une de l’autre et se détestaient cordialement. Chanel appelait sa rivale « cette Italienne qui fait des vêtements » ; Schiaparelli lui rendait le mépris. Une soirée costumée reste célèbre : Chanel aurait invité sa rivale à valser et l’aurait poussée contre des chandelles, avant qu’on n’éteigne sa robe au siphon. La maison Schiaparelli ferme en 1954, l’année où Chanel rouvre la sienne, et ne renaîtra qu’en 2012.

Les repères de la maison Schiaparelli

  • 1927 : le pull-over au nœud trompe-l’œil, premier succès.
  • 1935 : installation au 21 place Vendôme, décor de Jean-Michel Frank.
  • 1937 : le parfum Shocking et la couleur rose shocking.
  • 1937 à 1938 : la robe homard et le chapeau-chaussure, avec Salvador Dalí.
  • 1954 : fermeture de la maison ; réouverture en 2012, à la même adresse.

Le 21 place Vendôme a rouvert ses portes : la maison est revenue exactement là où Elsa l’avait laissée, face à la colonne Vendôme et aux joailliers. Le musée des Arts décoratifs lui a consacré une rétrospective, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.

Comment Elsa Schiaparelli a-t-elle commencé ?

Par un pull-over noir orné d’un nœud blanc peint en trompe-l’œil, présenté en 1927 et tricoté par des brodeuses arméniennes installées à Paris. Une acheteuse américaine en commanda quarante, ce qui lança la maison.

Qu’est-ce que le rose shocking ?

Un magenta très vif lancé par Elsa Schiaparelli en 1937 avec son parfum Shocking. Elle disait s’être inspirée de la couleur d’un diamant de la collection Cartier, et en fit la signature chromatique de la maison.

Schiaparelli a-t-elle travaillé avec Salvador Dalí ?

Oui, à partir de 1935. De leur collaboration sont nées la robe homard, le chapeau-chaussure et la robe déchirée en trompe-l’œil, pièces devenues emblématiques de la rencontre entre la couture et le surréalisme.

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