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SECRET PARISIEN

Paris, le dimanche 6 septembre 2026

Musées

Musée Rodin

77 rue de Varenne, 75007 Paris

Le jardin de l'hôtel Biron, musée Rodin, avec ses parterres et sa façade
Photo : Jean-Pierre Dalbéra — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Certains musées se visitent, celui-ci se respire. Le musée Rodin occupe l’hôtel Biron, une folie rocaille de 1730 posée dans trois hectares de jardins, en plein faubourg Saint-Germain. Le Penseur y médite au milieu des roses, Les Bourgeois de Calais marchent sur la pelouse, et Paris semble soudain très loin — il est pourtant juste derrière la grille, dôme des Invalides en témoin.

C’est le seul grand musée parisien voulu de son vivant par l’artiste qu’il célèbre : une maison d’artiste devenue maison de tous.

Où se trouve le musée Rodin ? Repères sur le plan de Paris

Au 77 rue de Varenne, dans le 7e arrondissement, à l’angle du boulevard des Invalides. Métro Varenne (ligne 13) — la station aux moulages de Rodin sur le quai, mise en bouche parfaite. Le dôme doré des Invalides est le voisin immédiat ; l’épingle vous attend sur notre carte de Paris.

L’hôtel Biron, une histoire de grâce et de loyer

Construit vers 1730 pour un perruquier enrichi — Paris adore ces histoires —, l’hôtel passe au maréchal de Biron, qui lui donne son nom et des jardins fastueux. Au XIXe siècle, les dames du Sacré-Cœur en font un pensionnat austère et arrachent boiseries et miroirs, jugés trop mondains.

En 1908, l’État, nouveau propriétaire, loue les salons à des artistes : Cocteau y écrit, Matisse y peint, Isadora Duncan y danse — et un certain Auguste Rodin s’y installe, sur les conseils de son secrétaire d’alors, le poète Rainer Maria Rilke. Le sculpteur tombe amoureux du lieu et propose à l’État un marché somptueux : il donne toute son œuvre, ses collections et ses archives, contre le droit d’y demeurer et la promesse d’un musée. La donation est acceptée en 1916 ; Rodin meurt en 1917 ; le musée Rodin ouvre en 1919. C’est peut-être le plus beau paiement de loyer de l’histoire.

Les collections permanentes : le marbre, le bronze et la lumière

Six mille sculptures, des milliers de dessins, et l’atelier mental d’un géant. Le parcours des salons, rénové avec un raffinement rare, alterne plâtres de travail, marbres aboutis et bronzes puissants.

  • Le Penseur dans le jardin, en majesté sur son tertre de roses.
  • Le Baiser, La Main de Dieu et la spectaculaire Porte de l’Enfer, chantier de toute une vie.
  • La salle Camille Claudel, avec L’Âge mûr et La Valse — bouleversante.
  • Les Bourgeois de Calais et Balzac, scandale devenu manifeste de la sculpture moderne.
  • La collection personnelle de Rodin : Van Gogh (Le Père Tanguy), Monet, Renoir — le sculpteur collectionnait ses contemporains.

Modalités, billets et infos pratiques

  • Adresse : 77 rue de Varenne, 75007 Paris.
  • Métro : Varenne (ligne 13), Invalides (8, 13, RER C).
  • Jours et horaires indicatifs : fermé le lundi ; le jardin ferme un peu après les salles — détails sur le site officiel.
  • Billets : réservation sur musee-rodin.fr ; billet « jardin seul » à petit prix certains jours, gratuité le premier dimanche du mois en hiver.
  • Durée conseillée : 2 h, dont une flânerie obligatoire au jardin.
  • Le charme en plus : le café du jardin, sous les tilleuls — l’une des terrasses les plus paisibles du 7e.

Petites histoires et grandes anecdotes

Rilke écrivit ici certaines de ses plus belles pages sur Rodin, dont il fut le secrétaire avant une brouille restée célèbre — le poète répondait au courrier avec trop d’initiative. C’est pourtant sa lettre enthousiaste qui fit venir le maître à Biron : l’histoire de l’art tient parfois à un enthousiasme épistolaire.

Quant au Balzac, hué en 1898 (« un bonhomme de neige », « un sac de charbon »), Rodin le rapatria dans son jardin de Meudon en jurant qu’un jour on comprendrait. Le bronze veille aujourd’hui boulevard Raspail et ici même : Paris a fini par s’excuser, à sa manière.

Nos conseils pour la visite

Choisissez un matin de beau temps : le jardin est la moitié du voyage. Commencez par les salons pour la fraîcheur, gardez les roses pour la fin. Les amoureux d’ambiances intimistes enchaîneront avec le musée Jacquemart-André ; les insatiables de sculpture retrouveront Rodin en face, au musée d’Orsay.

Peut-on visiter seulement le jardin du musée Rodin ?

Oui, un billet « jardin » à tarif réduit est proposé selon la saison : il donne accès aux trois hectares, au Penseur, aux Bourgeois de Calais et à la Porte de l’Enfer. Une visite en soi, très prisée au printemps.

Où voir les œuvres de Camille Claudel au musée Rodin ?

Une salle entière du parcours lui est consacrée, avec notamment L’Âge mûr, La Valse et Clotho. Rodin avait lui-même souhaité qu’une place soit réservée à son élève et compagne dans le futur musée.

Combien de temps prévoir pour le musée Rodin ?

Environ deux heures : une heure pour les salons de l’hôtel Biron, une heure de flânerie au jardin. Ajoutez un café sous les tilleuls si le soleil s’en mêle.

Le musée Rodin est-il accessible avec le dôme des Invalides à proximité ?

Oui, les deux monuments sont mitoyens : beaucoup de visiteurs combinent le tombeau de Napoléon et l’hôtel Biron dans la même demi-journée. Métro Varenne pour l’un comme pour l’autre.

Quelle est la meilleure période pour photographier le jardin ?

La roseraie donne son plein éclat de mai à juin, autour du Penseur. Hors saison, la lumière rasante d’hiver sur les bronzes a aussi ses fidèles — et beaucoup moins de monde.

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