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SECRET PARISIEN

Paris, le dimanche 6 septembre 2026

Monuments 1er arrondissement

Palais-Royal

Place Colette, 75001 Paris

Les colonnes de Buren dans la cour d'honneur du Palais-Royal
Photo : Cheng-en Cheng from Taichung City, Taiwan, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

C’est un palais devenu jardin public, et peut-être le lieu le plus civilisé de Paris. Le Palais-Royal, bâti par Lemercier pour Richelieu (Palais-Cardinal, 1633), légué à la Couronne, fut la maison d’enfance de Louis XIV et le fief des Orléans. À la veille de la Révolution, le duc de Chartres borda le jardin de galeries marchandes : cafés, gazettes, plaisirs et idées neuves en firent « la capitale de Paris », zone franche où la police royale n’entrait pas. Aujourd’hui, entre la Comédie-Française, le Conseil d’État et le ministère de la Culture, le jardin aligne tilleuls, rosiers et chaises de fer pour les initiés.

Où se trouve le Palais-Royal ? Repères sur le plan de Paris

Entrée principale place Colette, 1er, face à la Comédie-Française, métro Palais Royal – Musée du Louvre (1, 7). Le Louvre est en vis-à-vis, la Fondation Cartier sur la place même. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : le jardin où tout a commencé

Le 12 juillet 1789, un jeune avocat monte sur une table du café de Foy, deux pistolets au poing : Camille Desmoulins appelle Paris aux armes, deux jours avant la Bastille. Tout le siècle des Lumières finissantes tient dans ces galeries : le premier restaurant moderne, les clubs, les filles et les philosophes, Bonaparte y perdant son cœur et les joueurs leur fortune. Le canon méridien du jardin, petit canon solaire de 1786, tonnait chaque midi vrai : les Parisiens réglaient leur montre « à l’heure du Palais-Royal ».

Que voir ?

  • Les colonnes de Buren (1986) dans la cour d’honneur : l’art contemporain apprivoisé par l’usage, chacun y pose, s’y perche, y dépose une pièce.
  • Le jardin et sa double rangée de tilleuls taillés, roseraies et bassin central.
  • Les galeries de Valois, de Montpensier et de Beaujolais : boutiques rares, passages feutrés.
  • Les sphères d’acier de Pol Bury dans la cour d’Orléans, fontaines qui miroitent.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : jardin et cours gratuits, tous les jours de l’aube à la nuit (horaires saisonniers affichés aux grilles).
  • Palais : institutions en activité, intérieurs fermés au public hors Journées du patrimoine.
  • Durée conseillée : 45 minutes de flânerie, davantage un livre à la main.

Petites histoires et grandes anecdotes

Colette vécut ses dernières années au 9 rue de Beaujolais, fenêtres sur le jardin qu’elle appelait « ma province » ; Cocteau logeait à deux pas, et leurs ombres se saluent encore place Colette. Le canon méridien, restauré, tonne de nouveau chaque mercredi à midi. Quant aux colonnes de Buren, conspuées en 1986 au point que le chantier faillit s’arrêter, elles sont devenues le décor photo le plus aimé du quartier : la polémique dort, les enfants sautent de colonne en colonne.

Nos conseils pour la visite

Venez à l’ouverture des grilles : le jardin embrumé, les jets du bassin et les merles composent le Paris rêvé. Prenez un café sous la galerie de Montpensier, cherchez la boutique de boîtes à musique et les échoppes de décorations anciennes, puis sortez côté Beaujolais vers la BnF Richelieu et la galerie Vivienne : c’est la plus jolie enfilade couverte de Paris.

Le Palais-Royal se visite-t-il ?

Le jardin, les cours et les galeries sont en accès libre et gratuit tous les jours. Les bâtiments abritent le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel et le ministère de la Culture : leurs intérieurs n’ouvrent qu’exceptionnellement, notamment aux Journées du patrimoine.

Que sont les colonnes de Buren ?

« Les Deux Plateaux », installation de Daniel Buren (1986) : 260 colonnes rayées de hauteurs inégales posées sur une trame dans la cour d’honneur. Contestée à sa création, l’œuvre est devenue un emblème du lieu.

Pourquoi dit-on que la Révolution est née au Palais-Royal ?

Parce que ses galeries, interdites à la police du roi, concentraient cafés, presses et orateurs : c’est là que Camille Desmoulins appela Paris aux armes le 12 juillet 1789, prélude direct à la prise de la Bastille.

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