Hôtel de Ville de Paris
Place de l'Hôtel-de-Ville, 75004 Paris
Le palais que vous admirez est un phénix : l’Hôtel de Ville de Paris, cœur du pouvoir municipal depuis 1357, fut incendié de fond en comble par la Commune en mai 1871, archives séculaires comprises. Paris le rebâtit en dix ans, à l’identique dehors, en plus grand dedans : le résultat, achevé en 1882, est le plus vaste hôtel de ville d’Europe, hérissé de dizaines de statues de Parisiens illustres et doté de salons républicains conçus pour éclipser Versailles, salle des fêtes aux lustres géants en tête. Devant, la place fut sept siècles durant la place de Grève : celle des embauches au bord de l’eau, d’où vient l’expression « faire grève », et celle, terrible, des exécutions publiques.
Où se trouve l’Hôtel de Ville ? Repères sur le plan de Paris
Place de l’Hôtel-de-Ville, 4e, métro Hôtel de Ville (1, 11). La fondation Alaïa est à deux minutes, la tour Saint-Jacques à cinq, Notre-Dame à sept. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la maison aux piliers, la Grève et le phénix
Étienne Marcel, prévôt des marchands, installa la municipalité dans la « Maison aux Piliers » en 1357 ; François Ier lança le palais Renaissance qui brûla en 1871 avec l’état civil de Paris, perte irréparable. La reconstruction de Ballu et Deperthes fit appel à tout ce que la IIIe République comptait d’artistes : 230 sculpteurs pour les façades, Puvis de Chavannes et Rodin pour l’intérieur. La place, rebaptisée en 1803, avait vu les fêtes royales comme les supplices (Ravaillac, Damiens, la bande à Cartouche) ; elle accueille aujourd’hui plages d’été, patinoires et écrans de liesse : Paris a le pardon spectaculaire.
Que voir ?
- Les façades néo-Renaissance et leur peuple de statues : 108 Parisiens illustres à identifier.
- Les expositions gratuites de la salle Saint-Jean, souvent excellentes (photo, histoire de Paris).
- Lors des visites et Journées du patrimoine : salle des fêtes, escaliers d’honneur, salons Puvis de Chavannes.
- La place elle-même, du souvenir de la Grève au baiser de Doisneau, volé ici même en 1950.
Modalités et infos pratiques
- Expositions salle Saint-Jean : entrée libre, accès rue de Lobau.
- Visites de l’intérieur : sur inscription auprès de la Ville et aux Journées du patrimoine, paris.fr.
- Durée conseillée : 30 minutes dehors, 1 h 30 en visite.
Petites histoires et grandes anecdotes
C’est du balcon central que fut proclamée la République en 1870, et c’est au premier étage que de Gaulle lança le 25 août 1944 son « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ». Le baiser le plus célèbre de la photographie, celui de Doisneau, fut pris devant les grilles en 1950 : mise en scène assumée des décennies plus tard, il reste la carte postale officieuse du romantisme parisien. Et cherchez sur la façade la seule statue féminine assise du programme : elle représente la ville elle-même, sereine au-dessus de sa devise, « Fluctuat nec mergitur ».
Nos conseils pour la visite
Ne manquez jamais une exposition de la salle Saint-Jean, gratuité la plus sous-cotée de Paris, et inscrivez-vous aux visites des salons : la salle des fêtes vaut un château. Le soir, la façade illuminée se contemple depuis le quai d’en face, avant de filer vers Notre-Dame ou de remonter chez Alaïa : le 4e marie pouvoir, prière et couture en trois cents mètres.
Oui, sur inscription : la Ville organise des visites guidées régulières (salons, salle des fêtes) et ouvre largement aux Journées du patrimoine. Les expositions de la salle Saint-Jean sont, elles, en accès libre toute l’année.
L’esplanade en pente douce vers la Seine (la grève) servait de bourse d’embauche aux ouvriers sans travail : « être en grève » signifiait attendre de l’ouvrage, avant de prendre le sens moderne de cesser le travail. La place fut aussi le lieu des exécutions publiques jusqu’au XIXe siècle.
Non : l’édifice Renaissance fut entièrement détruit par l’incendie de la Commune en mai 1871. La reconstruction (1874-1882) reprit les façades à l’identique en agrandissant le palais, décoré par les meilleurs artistes de la IIIe République.