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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

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ruede la Monnaie
Grands magasins 1er arrondissement

La Samaritaine

9 rue de la Monnaie, 75001 Paris

La Samaritaine restaurée, près du Pont-Neuf
Photo : Fred Romero, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

C’est l’ascension la plus romanesque du commerce parisien. Ernest Cognacq, orphelin de l’île de Ré monté à Paris sans un sou, vend des coupons de tissu sous un grand parapluie rouge, dans une encoignure du Pont-Neuf. En 1870, il loue une ancienne salle de café rue de la Monnaie ; un demi-siècle plus tard, la Samaritaine couvre des dizaines de milliers de mètres carrés entre Seine et Rivoli, et tout Paris fredonne son slogan : « On trouve tout à la Samaritaine ».

Où se trouve la Samaritaine ? Repères sur le plan de Paris

Au 9 rue de la Monnaie, 1er arrondissement, métro Pont-Neuf (7), entre le Pont-Neuf et la rue de Rivoli, face au Louvre et à un saut de la Conciergerie. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : le parapluie rouge et la dame de la caisse

Le nom vient du fleuve : la pompe de la Samaritaine, bâtie sur le Pont-Neuf en 1608 et démolie en 1813, portait un bas-relief de la Samaritaine donnant à boire au Christ. Cognacq, qui avait débuté à son ombre, lui rend hommage. En 1872, il épouse Marie-Louise Jaÿ, première vendeuse au rayon confection du Bon Marché : elle apporte 20 000 francs d’économies amassées sou par sou et prend la caisse, qu’elle ne quittera plus. Le couple, à la ville comme au comptoir, transforme 48 m² de boutique en empire de quatre magasins.

L’architecte fidèle de la maison, Frantz Jourdain, signe entre 1905 et 1910 un manifeste Art nouveau : structure de métal apparente peinte en couleurs, lave émaillée, enseignes fleuries dessinées avec Eugène Grasset, et au dernier étage la fameuse fresque aux paons. En 1928, Henri Sauvage ajoute côté Seine sa majestueuse façade Art déco. Sans enfant, les Cognacq lèguent tout : leur collection du XVIIIe siècle devient le musée Cognacq-Jay, leur fondation dote crèches et maisons de retraite. Fermée brutalement en 2005 pour raisons de sécurité, la Samaritaine rouvre en juin 2021 après seize ans de travaux et une restauration d’orfèvre menée par LVMH : 750 millions d’euros, des artisans par centaines et seize mille feuilles d’or sur les ferronneries.

Que voir ?

  • La verrière et l’escalier monumental, ferronneries dorées à la feuille : le grand théâtre Art nouveau.
  • La fresque aux paons du dernier étage, restaurée centimètre par centimètre.
  • La façade Art déco d’Henri Sauvage côté Seine, et la vague de verre signée SANAA côté Rivoli.
  • L’hôtel Cheval Blanc, installé dans l’aile de Sauvage, pour un chocolat avec vue.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : entrée libre, tous les jours en continu jusqu’en soirée.
  • Site : samaritaine.com.
  • Métro : Pont-Neuf (7) ou Châtelet, sortie rue de Rivoli.

Petites histoires et grandes anecdotes

Cognacq passait pour l’homme le plus économe de Paris : déjeuner frugal, bureau spartiate, pas un sou gaspillé. Le même homme distribua des millions aux familles nombreuses, aux employés et aux musées, et l’Académie française décerne toujours un prix Cognacq-Jay. Autre trait d’époque : le slogan « On trouve tout à la Samaritaine » fut martelé au cinéma dans des réclames restées cultes, et vérifié en rayon, où l’on vendait aussi bien des ancres de marine que des chapeaux de paille.

Nos conseils pour la visite

Entrez par la rue de la Monnaie, montez les étages le long de l’escalier historique jusqu’à la fresque aux paons, puis redescendez par les balcons pour embrasser la verrière. À la sortie, faites vingt pas jusqu’au Pont-Neuf : c’est là, sous un parapluie rouge, que tout a commencé. Les amateurs de XVIIIe fileront au musée Cognacq-Jay, dans le Marais, retrouver les trésors du fondateur.

D’où vient le nom de la Samaritaine ?

D’une pompe à eau bâtie sur le Pont-Neuf en 1608, ornée d’un bas-relief de la Samaritaine donnant à boire au Christ, et démolie en 1813. Ernest Cognacq, qui avait débuté comme camelot sur le pont, reprit ce nom porte-bonheur pour sa boutique de 1870.

Peut-on visiter la Samaritaine sans rien acheter ?

Oui, l’entrée est libre : la verrière, l’escalier monumental et la fresque aux paons du dernier étage se contemplent gratuitement aux heures d’ouverture, comme les façades de Frantz Jourdain et d’Henri Sauvage depuis la rue.

Pourquoi la Samaritaine a-t-elle fermé pendant seize ans ?

Le magasin a été fermé en 2005 pour raisons de sécurité, le bâtiment ne répondant plus aux normes. Après une restauration de 750 millions d’euros menée par LVMH, il a rouvert en juin 2021, verrière et décors restaurés, avec l’hôtel Cheval Blanc côté Seine.