C’est le deuxième plus ancien pont de Paris, et le plus romantique. Achevé en 1635 par l’entrepreneur Christophe Marie, qui lotissait alors l’île Saint-Louis, le pont Marie portait cinquante maisons à pignons, comme tous les ponts habités de l’époque. La nuit du 1er mars 1658, une crue monstrueuse en emporta deux arches et une vingtaine de maisons, tuant leurs habitants. On rebâtit le pont, jamais les maisons : ses niches vides attendent encore leurs statues.
Où se trouve le pont Marie ? Repères sur le plan de Paris
Entre le 4e arrondissement et l’île Saint-Louis, métro Pont Marie (7), à cinq minutes de l’Hôtel de Ville et du pont Saint-Louis. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : quand les ponts portaient des maisons
Christophe Marie obtint de Louis XIII le droit de bâtir un pont de pierre pour désenclaver l’île Notre-Dame, qu’il transformait en quartier aristocratique. Les maisons construites sur le tablier, quatre étages sur chaque bord, rapportaient un loyer qui remboursait l’ouvrage : le modèle économique des ponts habités. La catastrophe de 1658 changea tout ; les survivantes furent rasées en 1769 sur ordre de police, comme sur tous les ponts de Paris, pour dégager la vue et la circulation de l’eau. Restent aujourd’hui les vingt niches creusées dans les avant-becs, prévues pour des statues que la ville n’a jamais commandées, et une réputation tenace : c’est le pont des amoureux, où l’on fait un vœu en fermant les yeux.
Que voir ?
- Les niches vides des avant-becs : les statues manquantes du pont, quatre siècles d’attente.
- Les cinq arches inégales, témoins des reconstructions successives après 1658.
- Les lanternes et la vue sur les hôtels particuliers du quai d’Anjou.
- Le rituel des amoureux : un baiser en passant sous une arche, un vœu, sans se retourner.
Modalités et infos pratiques
- Accès : libre en permanence ; classé monument historique depuis 1887.
- Métro : Pont Marie (7), sortie quai des Célestins.
- Photo : depuis le port des Célestins, en contrebas, arches et île en enfilade.
Petites histoires et grandes anecdotes
La crue de 1658 fut si brutale que les cloches de Paris sonnèrent le tocsin toute la nuit ; on parla de vingt à soixante morts selon les chroniqueurs, chiffre jamais établi. La légende des amoureux, elle, est plus récente : née au XXe siècle, elle veut qu’un couple passant en bateau sous une arche en s’embrassant reste uni pour toujours. Les bateaux-mouches ralentissent volontiers, et les guides le racontent en trois langues. Quant aux niches, la Ville a plusieurs fois envisagé de les remplir : à chaque fois, les Parisiens ont préféré le vide et son mystère.
Nos conseils pour la visite
Venez au crépuscule depuis le quai des Célestins : les lanternes s’allument, l’île Saint-Louis s’éclaire et les arches se reflètent. Traversez vers l’île pour une glace chez le glacier légendaire de la rue Saint-Louis-en-l’Île, puis rejoignez le pont Saint-Louis et ses musiciens : la promenade des deux îles tient en vingt minutes.
Du nom de Christophe Marie, l’entrepreneur qui le fit bâtir entre 1614 et 1635 pour desservir l’île Notre-Dame, devenue île Saint-Louis, qu’il lotissait alors en quartier résidentiel. Rien à voir avec la Vierge ni avec une reine.
Une tradition parisienne veut qu’un baiser échangé en passant sous l’une de ses arches, les yeux fermés et un vœu formulé, scelle un amour éternel. Les bateaux de promenade y ralentissent volontiers pour laisser leurs passagers tenter leur chance.
Oui, une cinquantaine de maisons à quatre étages bordaient le tablier, comme sur la plupart des ponts parisiens. La crue du 1er mars 1658 en emporta une vingtaine avec deux arches ; les dernières furent démolies en 1769 par mesure de police.