Regardez-le depuis la berge : rien ne touche l’eau. Le viaduc d’Austerlitz, qui porte la ligne 5 du métro au-dessus de la Seine depuis 1904, franchit le fleuve d’une arche unique de 140 mètres, sans aucune pile dans le lit : une prouesse imposée par la navigation et par l’administration des Ponts, qui refusait tout obstacle supplémentaire. Louis Biette et Fulgence Bienvenüe, père du métro parisien, relevèrent le défi en acier riveté.
Où se trouve le viaduc d’Austerlitz ? Repères sur le plan de Paris
Entre le 5e et le 12e arrondissement, entre la gare d’Austerlitz et le Jardin des plantes, métro Quai de la Rapée (5) ou Gare d’Austerlitz ; le pont de Bercy est en amont. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : l’arche qui devait tout franchir
Quand Bienvenüe trace la ligne 5, il lui faut traverser la Seine sans ralentir le trafic fluvial : l’ingénieur Louis Biette, déjà auteur du pont de Bir-Hakeim, dessine un arc surbaissé de 140 mètres de portée, alors record pour un ouvrage ferroviaire urbain. L’acier est riveté sur place, l’ornementation confiée au sculpteur Formigé qui habille culées et parapets de motifs floraux Art nouveau, coquilles et couronnes végétales : le métro devait être beau autant qu’utile. Classé en 1986, le viaduc est resté d’origine, rivets compris. Juste en aval, sur la pile du pont d’Austerlitz voisin, se trouve l’échelle officielle des crues de Paris : c’est ici, et non au Zouave de l’Alma, que la Seine est mesurée.
Que voir ?
- L’arche unique de 140 mètres, spectaculaire depuis la berge du Jardin des plantes.
- Les décors Art nouveau de Formigé sur les culées : coquilles, guirlandes et lions stylisés.
- Le passage des rames de la ligne 5 au-dessus du fleuve, l’un des plus beaux trajets du métro.
- L’échelle de crue officielle de Paris, sur le pont d’Austerlitz voisin.
Modalités et infos pratiques
- Accès : ouvrage ferroviaire, à admirer depuis les berges ou en métro.
- Métro : ligne 5, entre Quai de la Rapée et Gare d’Austerlitz : asseyez-vous côté aval.
- Photo : depuis la berge rive gauche, au pied du Jardin des plantes.
Petites histoires et grandes anecdotes
Le trajet de la ligne 5 au-dessus de la Seine est considéré par les Parisiens comme le plus beau du réseau avec celui de la ligne 6 à Bir-Hakeim : quinze secondes de plein ciel entre deux tunnels. Lors de la crue de 1910, le viaduc resta praticable quand tout le reste du réseau était noyé : le métro aérien sauva la mobilité de l’est parisien. Et les riveteurs de 1904 laissèrent, dit la tradition des Ponts, une pièce de monnaie dans la culée : personne n’a jamais démonté l’ouvrage pour vérifier.
Nos conseils pour la visite
Prenez la ligne 5 vers Bobigny et placez-vous côté fenêtre à droite : la traversée offre la Seine, le Jardin des plantes et l’Institut du monde arabe d’un seul regard. Redescendez ensuite sur la berge pour voir l’arche par en dessous, puis remontez vers le Jardin des plantes ou suivez le fleuve vers le pont de Bercy, l’autre viaduc du métro.
Pour ne pas gêner la navigation : l’administration exigeait de ne pas ajouter d’obstacle dans le lit du fleuve. L’ingénieur Louis Biette a donc conçu en 1904 une arche unique de 140 mètres de portée, record pour un ouvrage ferroviaire urbain.
La ligne 5, entre les stations Quai de la Rapée et Gare d’Austerlitz. C’est l’un des deux grands franchissements aériens de la Seine par le métro, avec la ligne 6 au pont de Bir-Hakeim.
À l’échelle du pont d’Austerlitz, tout près du viaduc, et non au Zouave du pont de l’Alma, qui reste un repère populaire. En janvier 1910, la mesure atteignit 8,62 mètres.