Maisons à l’enseigne du Faucheur et du Mouton
11 rue François-Miron, 75004 Paris
Elles sont les dernières de leur espèce. Aux 11 et 13 rue François-Miron, deux maisons à pans de bois dressent leurs colombages bruns au cœur du Marais : la maison à l’enseigne du Faucheur et celle du Mouton, ainsi nommées d’après les enseignes sculptées qui les signalaient quand personne ne savait lire. Leurs structures remontent au début du XVIe siècle, et elles comptent parmi les plus anciennes maisons de Paris.
Où se trouvent les maisons de la rue François-Miron ? Repères sur le plan de Paris
Aux 11 et 13 rue François-Miron, 4e arrondissement, métro Saint-Paul (1) ou Pont Marie, à deux minutes de l’Hôtel de Ville et cinq de la bibliothèque Forney. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : cachées sous le plâtre pendant trois siècles
En 1667, après les grands incendies, une ordonnance royale interdit les pans de bois apparents à Paris : par sécurité, on recouvre les colombages d’un enduit de plâtre. Des milliers de maisons médiévales disparaissent ainsi sous une peau lisse, et l’on oublie ce qu’elles cachent. Celles de la rue François-Miron dorment ainsi jusqu’aux années 1960, quand une restauration menée dans le cadre de la sauvegarde du Marais les débarrasse de leur plâtre et rend leurs bois au jour, avec les enseignes gravées, le Faucheur et le Mouton, reconstituées d’après les archives. La restauration fut discutée, certains la jugeant trop « médiévalisante » ; elle a rendu à Paris une image que la ville avait perdue.
Que voir ?
- Les colombages bruns et l’encorbellement, restitués dans les années 1960.
- Les enseignes gravées du Faucheur et du Mouton, au-dessus des portes.
- La cave voûtée du 11, vestige médiéval visible lors des journées du patrimoine.
- Le contraste avec l’hôtel de Beauvais, chef-d’œuvre classique, à vingt mètres au 68.
Modalités et infos pratiques
- Accès : façades visibles en permanence depuis la rue ; immeubles habités.
- Métro : Saint-Paul (1), Pont Marie (7), Hôtel de Ville (1, 11).
- Photo : depuis le trottoir opposé, en fin de journée.
Petites histoires et grandes anecdotes
Les enseignes n’étaient pas décoratives : jusqu’au XVIIIe siècle, les maisons parisiennes n’étaient pas numérotées et se désignaient par leur image, « à l’enseigne du Faucheur », comme on dit aujourd’hui une adresse. La rue elle-même porte le nom d’un prévôt des marchands du XVIIe siècle, mais elle était bien plus ancienne : c’est l’ancienne voie royale menant à l’abbaye Saint-Antoine, empruntée par les rois entrant dans Paris. Mozart enfant logea à deux pas, à l’hôtel de Beauvais, lors de son séjour parisien de 1763.
Nos conseils pour la visite
Regardez d’abord les deux façades depuis le trottoir d’en face pour saisir l’encorbellement, puis remontez la rue jusqu’à l’hôtel de Beauvais et son porche monumental. Prolongez par la bibliothèque Forney et le village Saint-Paul, ou par le 3 rue Volta, sa rivale mythomane, à quinze minutes.
Elles comptent parmi les plus anciennes : leurs structures à pans de bois remontent au début du XVIe siècle. La maison de Nicolas Flamel, rue de Montmorency (1407), est généralement citée comme la doyenne des maisons parisiennes.
Une ordonnance royale de 1667, prise après de grands incendies, imposa de recouvrir les colombages d’un enduit pour limiter la propagation du feu. Les maisons de la rue François-Miron n’ont retrouvé leurs bois qu’à la restauration des années 1960.
Avant la numérotation des rues, les maisons se repéraient par une enseigne sculptée : celle du Faucheur au 11, celle du Mouton au 13. On disait « la maison à l’enseigne du Faucheur » comme on donne une adresse aujourd’hui.