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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 8 septembre 2026

1er Arrt
placeAndré-Malraux
Moynat

Moynat, la naissance d’une malletière parisienne

Une publicité ancienne de la maison Moynat pour ses malles automobiles
unknown (no credits), domaine public, via Wikimedia Commons

Moynat est l’une des plus anciennes malletières françaises, et la seule fondée avec une femme à son nom. L’atelier naît en 1849 sous les mains d’Octavie et François Coulembier, layetiers-emballeurs. Vingt ans plus tard, en 1869, ils s’associent à une commerçante, Pauline Moynat, pour ouvrir une maison de vente au 5 place du Théâtre-Français, l’actuelle place André-Malraux, à l’angle d’une avenue de l’Opéra encore en chantier.

Dans un métier tenu par les hommes, Pauline Moynat impose son nom sur l’enseigne et une exigence technique rare. La maison dépose plusieurs brevets, dont celui d’une malle imperméable à toile enduite et d’une malle légère qui pèse le tiers des modèles concurrents. Elle vise une clientèle de voyageurs pressés, à un moment où le rail et le paquebot bouleversent la façon de partir.

La malle automobile, invention de Moynat

Le coup de génie vient avec l’automobile. Vers 1902, la maison dessine des malles épousant la courbe des carrosseries et des marchepieds : la malle limousine, la malle anglaise, la malle arrière courbée, taillées pour un modèle de voiture précis, comme un costume sur mesure. Certaines sont doublées de bois de peuplier et d’aluminium pour alléger encore. Moynat devient le malletier des premiers automobilistes, sport de riches et d’aventuriers.

Les repères de la maison Moynat

  • 1849 : atelier fondé par Octavie et François Coulembier.
  • 1869 : maison de vente, 5 place du Théâtre-Français, 1er.
  • Vers 1902 : les malles épousant la carrosserie des automobiles.
  • 1976 : disparition de la maison, tombée dans l’oubli.
  • 2011 : renaissance, boutique rue Saint-Honoré.

Une maison disparue puis ressuscitée

Moynat s’éteint en 1976, victime de la fin du grand voyage en malle. La maison serait restée un souvenir de collectionneurs si Bernard Arnault n’avait racheté le nom et rouvert une boutique rue Saint-Honoré en 2011, en reprenant les archives, les gabarits et la couleur ocre d’origine. C’est l’un des rares cas d’une maison parisienne revenue d’entre les morts avec son savoir-faire, et non seulement son étiquette.

La place André-Malraux est le carrefour de la Comédie-Française, du Palais-Royal et de l’avenue de l’Opéra : un des points les plus théâtraux de Paris, où l’on comprend qu’une malletière ait voulu poser sa vitrine. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.

Qui a fondé la maison Moynat ?

L’atelier fut créé en 1849 par Octavie et François Coulembier, layetiers-emballeurs. Ils s’associèrent en 1869 à la commerçante Pauline Moynat, dont le nom resta sur l’enseigne de la maison de vente ouverte place du Théâtre-Français.

Qu’est-ce qu’une malle automobile Moynat ?

Une malle dessinée vers 1902 pour épouser exactement la courbe d’une carrosserie ou d’un marchepied, et donc taillée pour un modèle de voiture précis. Moynat en déposa plusieurs brevets et devint le malletier des premiers automobilistes.

La maison Moynat a-t-elle disparu ?

Elle a cessé son activité en 1976 avant d’être relancée en 2011 avec une boutique rue Saint-Honoré, à partir des archives et des gabarits d’origine. C’est l’une des rares maisons parisiennes ressuscitées avec son savoir-faire.

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