Cartier naît dans un quartier de bouchers et de marchands de quatre-saisons. En 1847, Louis-François Cartier, vingt-huit ans, reprend l’atelier de son maître Adolphe Picard au 29 rue Montorgueil, dans le 2e. Il n’est pas encore joaillier de cour mais fabricant de bijoux de fantaisie. La princesse Mathilde puis l’impératrice Eugénie deviennent clientes, et la maison remonte peu à peu vers l’ouest, du boulevard des Italiens à la rue de la Paix.
En 1899, elle s’installe au 13 rue de la Paix, entre la place Vendôme et l’Opéra, adresse qu’elle occupe toujours. La même année, Louis Cartier, petit-fils du fondateur, rejoint son père. Avec ses frères Pierre et Jacques, il fera de la maison la première à s’implanter simultanément à Paris, Londres et New York. Édouard VII, qui lui commanda vingt-sept diadèmes pour son couronnement, la baptisa « le joaillier des rois et le roi des joailliers ».
La Santos, première montre-bracelet de Cartier
En 1904, l’aviateur brésilien Alberto Santos-Dumont, ami de Louis Cartier, se plaint de ne pouvoir consulter sa montre de gousset en tenant les commandes de son aéroplane. Cartier lui dessine un boîtier carré à cadran plat, fixé au poignet par un bracelet de cuir : la Santos, considérée comme la première montre-bracelet masculine conçue pour un usage réel. La Tank suivra en 1917, ses attaches inspirées, dit la maison, des chenilles d’un char Renault vu d’en haut.
La panthère, le platine et une panthère vivante
Cartier est aussi la maison qui a imposé le platine en joaillerie, métal jusque-là jugé trop dur à travailler, mais assez résistant pour tenir une pierre avec presque rien autour : c’est le style « guirlande », d’une légèreté nouvelle. En 1914, une montre à décor de taches noires et blanches inaugure le motif de la panthère, que Jeanne Toussaint, directrice de la haute joaillerie surnommée « la Panthère », portera au sommet. La duchesse de Windsor en possédait plusieurs, dont une posée sur un saphir de 152 carats.
Les repères de la maison Cartier
- 1847 : reprise de l’atelier d’Adolphe Picard, 29 rue Montorgueil, 2e.
- 1899 : installation au 13 rue de la Paix.
- 1904 : la montre Santos, pour Alberto Santos-Dumont.
- 1917 : la montre Tank.
- 1933 : Jeanne Toussaint prend la direction de la haute joaillerie.
La rue de la Paix relie l’Opéra à la place Vendôme : c’est l’artère la plus chère du Monopoly français, et ce n’est pas un hasard. La rue Montorgueil, elle, est restée une rue de marché, à quinze minutes à pied de la colonne Vendôme. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Au 29 rue Montorgueil, dans le 2e arrondissement de Paris, en 1847, quand Louis-François Cartier reprit l’atelier de son maître Adolphe Picard. La maison s’installa au 13 rue de la Paix en 1899.
Elle fut dessinée en 1904 pour l’aviateur brésilien Alberto Santos-Dumont, qui ne pouvait consulter sa montre de gousset en pilotant. C’est l’une des premières montres-bracelets masculines conçues pour un usage pratique.
Le roi Édouard VII d’Angleterre, qui commanda vingt-sept diadèmes pour son couronnement de 1902 et parla du joaillier des rois et du roi des joailliers. La maison reçut ensuite de nombreux brevets de fournisseur royal.