Boucheron ouvre en 1858 au 150 galerie de Valois, sous les arcades du Palais-Royal. Frédéric Boucheron a vingt-huit ans, il est fils d’un marchand de draps, il a fait son apprentissage chez le joaillier Jules Chaise. Le Palais-Royal est alors le centre du luxe parisien : ses galeries abritent restaurants, tailleurs, marchands de curiosités et joailliers, dans une agitation permanente.
Il se distingue tout de suite par le travail de la matière plutôt que par la seule valeur des pierres. On lui doit des colliers en or ciselé imitant la dentelle, des bijoux d’inspiration naturaliste, et surtout le collier Question mark, monté en 1879 : une ligne asymétrique qui se pose sur le cou sans fermoir, pour qu’une femme puisse le mettre seule, sans femme de chambre. Détail technique, geste social.
Boucheron, premier joaillier de la place Vendôme
En 1893, il quitte le Palais-Royal pour la place Vendôme et devient le premier joaillier à s’y installer, dans l’hôtel de Nocé au numéro 26. Le choix du numéro n’est pas dû au hasard : Boucheron avait observé la course du soleil sur la place et retenu l’angle le plus longtemps éclairé, pour que les pierres de sa vitrine y scintillent le plus. Tous les autres suivront, faisant de la place ce qu’elle est encore.
Le maharadjah et les cent quarante-neuf caisses
En 1928, le maharadjah de Patiala, Bhupinder Singh, arrive place Vendôme avec six coffres remplis de pierres, dont un diamant jaune de 234 carats, et confie l’ensemble à Boucheron pour qu’il en fasse des bijoux à la mode occidentale. La commande, la plus importante jamais passée à un joaillier, occupe les ateliers pendant des mois et compte cent quarante-neuf pièces. Le collier de Patiala reste l’une des légendes de la joaillerie.
Les repères de la maison Boucheron
- 1858 : ouverture au 150 galerie de Valois, Palais-Royal.
- 1879 : le collier Question mark, sans fermoir.
- 1893 : installation au 26 place Vendôme, premier joaillier de la place.
- 1928 : la commande du maharadjah de Patiala.
- La maison reste rue de la Paix et place Vendôme depuis lors.
Passez sous les arcades de la galerie de Valois, aujourd’hui bordée de boutiques et d’antiquaires, puis remontez vers la place Vendôme et sa colonne : c’est le trajet exact du luxe parisien au XIXe siècle. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Au 150 galerie de Valois, sous les arcades du Palais-Royal à Paris, en 1858. Frédéric Boucheron y resta trente-cinq ans avant de s’installer place Vendôme.
Parce que Frédéric Boucheron avait observé la course du soleil sur la place et retenu l’angle le plus longtemps ensoleillé, afin que les pierres de sa vitrine y brillent davantage. Il fut le premier joaillier à s’installer sur la place, en 1893.
Un collier asymétrique créé en 1879, dépourvu de fermoir, qui se pose seul sur le cou. Il permettait à une femme de le mettre sans l’aide de sa femme de chambre, une nouveauté à l’époque.