Abbey Bookshop
29 rue de la Parcheminerie, 75005 Paris
Dans la plus petite rue du quartier Latin, une porte sous un drapeau à feuille d’érable ouvre sur un vertige : l’Abbey Bookshop, quelque 35 000 livres anglophones en piles savantes qui montent au plafond, débordent l’escalier et colonisent la cave voûtée. Fondée en 1989 par le Canadien Brian Spence, la librairie a posé son accent de Toronto dans la rue de la Parcheminerie, celle-là même où copistes et parcheminiers œuvraient au Moyen Âge : les livres, ici, reviennent simplement à la maison.
Où se trouve l’Abbey Bookshop ? Repères sur le plan de Paris
Au 29 rue de la Parcheminerie, 5e arrondissement, entre la rue Saint-Jacques et la rue de la Harpe, métro Cluny-La Sorbonne (10) ou Saint-Michel ; Shakespeare and Company est à trois minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : un Canadien au pays des parchemins
Spence, libraire à Toronto, choisit en 1989 cette échoppe d’un hôtel du XVIIIe siècle à la façade sculptée, et y transplanta sa passion : littératures canadienne, américaine, britannique et australienne, philosophie, histoire, poésie, en neuf et en occasion. La maison est devenue l’ambassade officieuse du Canada littéraire, fêtes de la Saint-Jean et lancements d’auteurs compris, et une légende d’hospitalité : à toute heure, le patron glisse aux fureteurs un café au sirop d’érable servi entre deux piles, geste devenu rite. Quant au classement des livres, il obéit à une science intime : demandez, la carte du trésor est dans la tête du libraire.
Que voir, que chiner ?
- Les piles-canyons et l’escalier aux marches chargées : l’exploration se mérite.
- Le rayon canadien, unique à Paris, d’Atwood aux poètes des Prairies.
- La cave voûtée médiévale, réserve aux allures de crypte littéraire.
- La façade ancienne et sa rue de sept numéros, la Parcheminerie des copistes.
Modalités et infos pratiques
- Ouverture : du lundi au samedi, milieu de matinée à 19 h environ.
- Prix : occasions dès quelques euros ; rachats et échanges possibles.
- Signe de piste : le drapeau canadien flotte quand la librairie est ouverte.
Petites histoires et grandes anecdotes
La rue de la Parcheminerie s’appela au XIIIe siècle rue aux Écrivains : on y vendait déjà des lignes avant Gutenberg, et l’Abbey en perpétue le commerce huit siècles plus tard. Les habitués jurent qu’aucun livre n’est jamais tombé des piles sur un client, statistique défiant la physique que Brian attribue au « respect mutuel ». Et le café à l’érable a sa règle non écrite : il se boit debout, entre deux rayons, en discutant littérature, jamais pressé.
Nos conseils pour la visite
Donnez-vous une heure et un objectif vague : c’est ainsi que la caverne récompense. Enchaînez avec Shakespeare and Company pour le grand chelem anglophone du quartier, puis remontez vers le musée de Cluny : entre parchemins médiévaux et paperbacks canadiens, la boucle des écritures est bouclée.
Son fonds anglophone de 35 000 titres à prix doux, son rayon canadien sans équivalent, ses piles vertigineuses dans une échoppe du XVIIIe siècle, et le café au sirop d’érable offert par le fondateur Brian Spence, libraire canadien installé rue de la Parcheminerie depuis 1989.
Dès le Moyen Âge, cette ruelle du quartier Latin abritait copistes, écrivains publics puis parcheminiers travaillant pour l’Université voisine : on l’appela rue aux Écrivains. Une librairie y a donc huit siècles de légitimité.
Les deux : nouveautés choisies et vaste occasion, de la littérature à la philosophie, en anglais principalement. Les rachats et échanges de livres en bon état font partie de la vie de la maison.