Les colonnes de la barrière du Trône
Avenue du Trône, 75012 Paris
Deux fûts de vingt-huit mètres encadrent l’avenue, chacun posé sur son pavillon de pierre. La barrière du Trône est la plus théâtrale des portes fiscales de Ledoux, bâtie en 1787 pour le mur des Fermiers généraux : une entrée de ville dessinée comme un décor d’opéra, à l’endroit précis où Paris regardait vers Vincennes.
Du trône du Roi-Soleil au Trône-Renversé
Le nom vient de loin : en 1660, pour l’entrée solennelle de Louis XIV et de Marie-Thérèse, un trône d’apparat fut dressé sur cette esplanade, et le lieu en garda le titre. Ledoux y planta ensuite ses deux colonnes et leurs pavillons de perception. Puis la Révolution retourna le nom comme un gant : barrière du Trône-Renversé.
C’est sous ce nom que le lieu traverse son été le plus noir. En juin 1794, la guillotine, chassée du centre de Paris, s’installe à la barrière. En six semaines de Grande Terreur, plus de mille trois cents condamnés y meurent, selon le décompte tenu au cimetière voisin, et les corps partent aux fosses communes du jardin de Picpus, à quelques centaines de mètres. La plus décorative des barrières de Ledoux cache le plus grand charnier de la Terreur parisienne. Les statues, elles, sont venues plus tard : en 1845, Philippe Auguste par Auguste Dumont côté 12e, Saint Louis par Antoine Étex côté 11e, quatre mètres de rois de pierre presque, veillant sur la place de la Nation. L’ensemble, pavillons et colonnes, est classé monument historique par arrêté du 24 avril 1907.
Ce qu’il faut voir à la barrière du Trône
- Les deux colonnes et leur entablement, hautes de vingt-huit mètres selon la tradition, parmi les plus hautes colonnes isolées de Paris.
- Les pavillons carrés de Ledoux à leur pied, sobres comme des coffres-forts, qui abritaient la perception.
- Les statues de 1845, Philippe Auguste et Saint Louis, qu’on identifie à leurs attributs depuis le trottoir.
- L’axe monumental : de là, le regard file de la Nation vers Vincennes.
Y aller
Avenue du Trône, entre les places de la Nation et l’avenue du Bois de Vincennes, à cheval sur les 11e et 12e arrondissements ; métro Nation. Tout se voit depuis l’espace public, à toute heure ; les pavillons ne se visitent pas. Les autres survivantes du mur fiscal complètent le pèlerinage : la rotonde de la Villette et la rotonde de Chartres.
Le saviez-vous ?
Le chiffre des suppliciés de l’été 1794 donne le vertige précisément parce qu’il est discret : les registres liés à Picpus recensent plus de mille trois cents morts en six semaines, guillotinés à la barrière puis inhumés en secret dans deux fosses du jardin clos. Parmi eux, seize carmélites de Compiègne, montées à l’échafaud en chantant, que l’Église a canonisées. La place de la Nation d’aujourd’hui, ses manèges et ses terrasses, occupe l’esplanade exacte de l’échafaud ; il faut pousser jusqu’au cimetière de Picpus, l’un des deux cimetières privés de Paris, pour que l’été 1794 retrouve ses noms.
Un trône d’apparat y fut dressé en 1660 pour l’entrée solennelle de Louis XIV et de Marie-Thérèse dans Paris. La Révolution rebaptisa le lieu barrière du Trône-Renversé.
Philippe Auguste, par Auguste Dumont, côté 12e arrondissement, et Saint Louis, par Antoine Étex, côté 11e. Elles ont été posées en 1845, un demi-siècle après les colonnes de Ledoux.
De juin à juillet 1794, la guillotine y fut installée : plus de mille trois cents condamnés y moururent en six semaines, inhumés dans les fosses du jardin de Picpus voisin.
Le carnet continue
Vestiges
Les vestiges de la Bastille
4e arrondissement
La colonne Médicis
1er arrondissement
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement
Les dalles de la guillotine, rue de la Croix-Faubin
11e arrondissement
La maison du Fontainier
14e arrondissement