Le regard de la Lanterne
213 rue de Belleville, 75019 Paris
Au sommet de Belleville, dans un petit jardin qui porte son nom, le regard de la Lanterne ressemble à une chapelle ronde égarée : un tambour de pierre, un dôme à écailles, un lanternon ajouré en couronne. C’est en réalité une machine, la tête d’un aqueduc. Sous cette rotonde s’ouvre le puits où les eaux de Belleville se rassemblaient avant de descendre vers Paris.
L’eau de la colline, bien avant les fontaines des rois
Belleville est une éponge : la colline recueille les pluies et les rend en sources. Dès le treizième siècle, une galerie maçonnée d’environ sept cent cinquante mètres draine ces eaux vers la ville ; la notice du ministère de la Culture y voit la première adduction construite par Paris pour ses habitants. Le long du parcours, des édicules appelés regards permettaient d’inspecter et de jauger le courant. Douze subsistent, protégés ensemble depuis 2006 avec la galerie médiévale, sous le nom d’ensemble des eaux de Belleville.
La Lanterne est leur vaisseau amiral. L’édifice actuel est bâti en deux campagnes, 1583 puis 1613, date à laquelle il est parachevé. Son jardin public, créé en 1975, lui fait un écrin de poche entre les immeubles du 19e arrondissement.
Le regard de la Lanterne, dedans et autour
- Le dôme et ses écailles de pierre, refaites au fil des restaurations, avec le lanternon qui donne son nom au monument.
- La porte basse et son seuil : tout l’édifice est conçu pour un homme et sa lanterne, justement.
- Le jardin du Regard de la Lanterne, mille mètres carrés à peine, l’un des plus petits écrins de monument de Paris.
- À quinze minutes à pied, son frère cadet, le regard Saint-Martin de la rue des Cascades, qui alimentait un prieuré.
Y aller, et choisir son week-end
Place des Fêtes tout près, métro Place des Fêtes ou Télégraphe ; l’entrée du jardin se fait au 213 rue de Belleville ou rue Augustin-Thierry, aux heures d’ouverture des parcs. L’extérieur se voit toute l’année, et les villas de la Mouzaïa fleurissent à cinq minutes. L’intérieur, lui, est normalement fermé : il ne s’ouvre guère qu’aux Journées du patrimoine, sur inscription, une fin de semaine par an. On descend alors sous le dôme, dans la fraîcheur du puits de départ.
Le saviez-vous ?
La page municipale du jardin situe la construction des regards de Belleville « au siècle dernier ». Trois siècles d’erreur, au bas mot, pour un édifice dont la notice du ministère de la Culture date l’achèvement de 1613. Quant à sa protection, elle a deux âges : un premier classement remonte à 1899, refondu en 2006 dans l’arrêté qui embrasse toute la famille des eaux de Belleville. Le doyen des monuments de l’eau parisienne mérite bien qu’on lui rende ses années.
C’est la tête du grand aqueduc de Belleville : sous son dôme s’ouvre le puits où les eaux captées de la colline se rassemblaient avant de descendre vers Paris par une galerie maçonnée.
Presque uniquement lors des Journées européennes du patrimoine, en septembre, sur inscription. Le reste de l’année, l’édifice se contemple de l’extérieur, dans son jardin public.
L’édifice actuel est élevé en deux campagnes, 1583 puis 1613, sur un réseau d’eau bien plus ancien : la galerie médiévale de Belleville draine la colline depuis le treizième siècle.
Le carnet continue
Vestiges
L’enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul
4e arrondissement
La maison du Fontainier
14e arrondissement
Les dalles de la guillotine, rue de la Croix-Faubin
11e arrondissement
Les colonnes de la barrière du Trône
12e arrondissement