On pousse une porte de la commerçante rue du Commerce et l’on découvre un théâtre : trois galeries superposées, courant autour d’un puits de lumière sous verrière, lierre et fougères en cascade. Le Café du Commerce naquit en 1921 sous le nom d’« Aux Mille Couverts » : un immense bouillon populaire pensé pour nourrir les ouvriers des usines de Grenelle et de Javel, Citroën en tête, à la chaîne et à petit prix. Le quartier a changé d’usines, la maison a gardé l’esprit : cuisine française canaille, additions douces et le plus joli décor de guinguette intérieure de Paris.
Où se trouve le Café du Commerce ? Repères sur le plan de Paris
51 rue du Commerce, 15e, métro Émile Zola ou Avenue Émile-Zola (10), Commerce (8). La tour Eiffel est à quinze minutes à pied par le Champ-de-Mars, le musée Bourdelle à douze. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : nourrir Grenelle à la chaîne
Le pari de 1921 était industriel : servir mille couverts par service aux métallos et aux midinettes du Front de Seine d’alors, grâce à une architecture d’atrium empruntée aux grands magasins, monte-plats et balcons distributeurs compris. On raconte que les ouvriers de chez Citroën avaient leurs balcons attitrés, et les employés de bureau les leurs, hiérarchie douce d’un réfectoire géant. Devenu « Café du Commerce » et rénové avec tendresse, l’endroit a conservé verrière ouvrante, rampes d’origine et l’idée fondatrice : bien manger sans cérémonie, du pot-au-feu au poulet fermier, dans un décor qui met tout le monde de bonne humeur.
La table : les spécialités maison
- La viande limousine, filière suivie de l’éleveur au gril : bavette, entrecôte, tartare.
- Le pot-au-feu et la tête de veau sauce gribiche, classiques canailles.
- Le poulet fermier rôti du dimanche, en plat de famille.
- La mousse au chocolat servie à la louche, générosité d’origine.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 51 rue du Commerce, 75015 Paris.
- Ouvert tous les jours, service continu le week-end, réservation conseillée en terrasse d’étage, lecafeducommerce.com.
- Budget : l’une des meilleures affaires du 15e, menus du midi très doux.
Petites histoires et grandes anecdotes
La verrière s’ouvre l’été comme un toit de paquebot, tradition d’origine pour évacuer les fumées des mille couverts. Les banquettes du deuxième balcon offraient jadis la meilleure vue sur les idylles naissantes du rez-de-chaussée : les serveurs parlent encore du « balcon des fiancés ». Et l’expression moqueuse « café du commerce », pour les débats de comptoir, amuse la maison : ici, dit-elle, on refait le monde depuis 1921, mais avec un vrai pot-au-feu.
Nos conseils pour la visite
Demandez le deuxième balcon pour la vue plongeante sous la verrière, un soir de semaine pour la quiétude. Le quartier se prête à la digestion active : remontez la rue du Commerce, village dans la ville, jusqu’au Champ-de-Mars et à la tour Eiffel, ou bifurquez vers le musée Bourdelle : le 15e populaire et le Paris monumental se donnent la main.
Parce qu’à son ouverture en 1921, ce bouillon géant sur trois niveaux pouvait servir un millier de couverts par service aux ouvriers et employés du quartier de Grenelle, notamment des usines Citroën voisines.
La viande limousine en filière directe (bavette, entrecôte, tartare) et les classiques canailles, pot-au-feu et tête de veau, servis sous la verrière à des prix restés doux.
L’essentiel, oui : l’atrium à trois galeries, la verrière ouvrante et les rampes datent de 1921, restaurés avec soin. C’est l’un des derniers grands décors de bouillon populaire conservés à Paris.