Elle ne devait vivre que vingt ans. La tour Eiffel, élevée en deux ans, deux mois et cinq jours pour l’Exposition universelle de 1889, doit sa silhouette aux ingénieurs Koechlin et Nouguier et à l’architecte Sauvestre, son nom au patron qui crut au projet, et sa survie à la science : devenue antenne de radio géante en 1909, elle échappa au démontage prévu. Aujourd’hui, 300 mètres de fer puddlé (330 avec les antennes), sept millions de visiteurs par an et un scintillement qui fait lever les yeux au monde entier.
Où se trouve la tour Eiffel ? Repères sur le plan de Paris
Champ-de-Mars, 7e, entre École militaire et Seine. Métro Bir-Hakeim (6), RER C Champ de Mars. Le musée du quai Branly est à cinq minutes, la colline de Chaillot juste en face. Épingle sur notre carte de Paris, et notre grande page illustrée lui raconte sa construction, étage par étage.
Une histoire : le pari de fer
Trois cents artistes signent en 1887 une protestation contre « l’inutile et monstrueuse tour ». Gustave Eiffel répond en chiffres : 18 038 pièces de fer, 2,5 millions de rivets, 5 300 dessins d’atelier, aucune victime sur le chantier de montage, une précision d’horloger (les trous de rivets tombaient juste au dixième de millimètre). Plus haut monument du monde jusqu’en 1930, la tour servit d’antenne, de laboratoire météo, de poste d’écoute pendant la Grande Guerre (le message qui fit arrêter Mata Hari y fut intercepté), et même de panneau publicitaire lumineux pour Citroën dans les années 1920.
Que voir, que vivre ?
- Le 1er étage et son plancher de verre, le 2e pour la plus belle lecture de Paris, le sommet et le bureau reconstitué de Gustave Eiffel.
- Le scintillement : cinq minutes au début de chaque heure, de la tombée de la nuit à 1 h du matin.
- Les jardins repaysagés au pied des piliers, gratuits, et la perspective du Trocadéro.
- Champagne au sommet, macarons au 2e, table gastronomique au 1er : la tour se déguste aussi.
Modalités, billets et infos pratiques
- Adresse : Champ-de-Mars, 5 avenue Anatole-France, 75007 Paris.
- Billets : réservation horaire en ligne fortement conseillée sur toureiffel.paris ; l’escalier (674 marches jusqu’au 2e) est moins cher et sans file ou presque.
- Horaires indicatifs : tous les jours, jusqu’à minuit environ en été.
- Durée conseillée : 2 h à 3 h, sécurité comprise.
Petites histoires et grandes anecdotes
Eiffel s’était réservé au sommet un petit appartement de bois, où il reçut Thomas Edison en 1889 : on y voit encore leurs mannequins de cire trinquer au phonographe. En 1912, le tailleur volant Franz Reichelt sauta du premier étage avec son costume-parachute, hélas sans succès ; en 1923, un journaliste descendit l’escalier à bicyclette ; et chaque année, des coureurs grimpent les 1 665 marches en moins de dix minutes. La Dame de fer grandit même l’été : la dilatation lui offre une quinzaine de centimètres au soleil.
Nos conseils pour la visite
Réservez le premier créneau du matin ou la nocturne d’après 21 h, montez par l’escalier si vos jambes suivent (le fer se raconte mieux de près), et gardez le sommet pour un jour de grand ciel. La photo classique se prend du Trocadéro à l’aube, la plus paisible depuis la passerelle de Bir-Hakeim. Et pour comprendre la colline d’en face, enchaînez avec la Cité de l’architecture.
330 mètres avec ses antennes actuelles, pour 300 mètres de structure à l’origine (312 avec le drapeau de 1889). Elle est restée le plus haut monument du monde pendant quarante et un ans, jusqu’au Chrysler Building en 1930.
C’est très vivement conseillé : les billets horodatés en ligne évitent une à trois heures de file. L’option escalier, en vente sur place et en ligne, reste la plus souple et la moins chère.
20 000 ampoules à éclats, installées pour l’an 2000 et adoptées définitivement : elles pétillent cinq minutes au début de chaque heure, de la nuit tombée jusqu’à 1 h du matin (dernier scintillement).
Sa concession expirait en 1909, mais Gustave Eiffel en avait fait une antenne scientifique : télégraphie sans fil, météo, heure légale diffusée au monde. Devenue stratégique, elle fut conservée, puis aimée.