Sous les arcades de Rivoli, une librairie porte cinq siècles d’encre dans son nom. Les Galignani imprimaient déjà à Venise en 1520, une grammaire fameuse ; installée à Paris en 1801, la maison devint la première librairie anglaise du continent, salon de lecture où Thackeray et Stendhal feuilletaient la presse de Londres. Depuis 1856, ses boiseries de chêne font face aux Tuileries : on y entre comme dans une bibliothèque privée qui aurait pignon sur le plus beau trottoir du monde.
Où se trouve Galignani ? Repères sur le plan de Paris
Au 224 rue de Rivoli, 1er arrondissement, métro Tuileries (1), entre la place Vendôme et le Louvre, à quelques arcades du salon de thé Angelina. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la dynastie aux six générations
Giovanni Antonio Galignani ouvrit d’abord un cabinet de lecture anglophone avec journal maison : le Galignani’s Messenger, quotidien en anglais que s’arrachaient les exilés, de Byron à Wellington ; ses fils, nés à Londres, firent si bien prospérer l’affaire qu’ils finirent bienfaiteurs officiels des deux nations, un hôpital de Neuilly en témoigne. La boutique actuelle, dessinée pour l’Empire des voyageurs, aligne échelles, galeries et tables de nouveautés anglaises et françaises ; la sixième génération d’esprit maison veille toujours, avec l’un des rayons beaux-arts les plus réputés d’Europe, mode, photographie et musées compris.
Que voir, que chercher ?
- Les boiseries et galeries de 1856, éclairées comme un cabinet de curiosités.
- Le rayon beaux-arts, mode et photographie : le premier arrêt des éditeurs du monde entier.
- Les nouveautés anglaises le jour de leur sortie londonienne : une tradition maison.
- Les éditions rares et signées en vitrine, du côté des Tuileries.
Modalités et infos pratiques
- Ouverture : du lundi au samedi 10 h à 19 h, dimanche après-midi selon saison.
- Site : galignani.fr.
- Métro : Tuileries (1), sortie face aux grilles du jardin.
Petites histoires et grandes anecdotes
Le Messenger des Galignani fut si influent que Byron s’y abonna depuis l’Italie et que Napoléon, dit-on, le lisait pour connaître l’humeur de Londres. Autre gloire discrète : pendant des décennies, la maison réimprima à Paris les auteurs anglais à prix doux, au grand dam des éditeurs britanniques, jusqu’à ce que le droit d’auteur y mette bon ordre ; les bibliophiles s’arrachent aujourd’hui ces « éditions Galignani ». Et les libraires cultivent un serment tacite : jamais une pile ne cache une boiserie.
Nos conseils pour la visite
Réservez-lui l’heure calme du matin : le parquet craque, les Tuileries entrent par la vitrine, et le rayon beaux-arts se déguste comme un musée. Enchaînez avec la Delamain, l’autre doyenne à cinq minutes par la rue Saint-Honoré : deux siècles de librairie dans une seule promenade, à conclure au jardin des Tuileries livre en main.
Fondée à Paris en 1801 par une famille d’imprimeurs vénitiens active depuis 1520, la maison fut la première du continent européen à se consacrer au livre et à la presse anglais, avec cabinet de lecture et son fameux quotidien, le Galignani’s Messenger.
Littérature anglaise et française, et surtout l’un des plus beaux rayons beaux-arts d’Europe : art, mode, photographie, architecture. Les nouveautés de Londres arrivent le jour même de leur sortie.
La maison, transmise sur six générations, reste une librairie indépendante fidèle à l’esprit de ses fondateurs, dans son écrin de boiseries de 1856 sous les arcades de la rue de Rivoli.