Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

8e Arrt
ruede Courcelles
Façades remarquables 8e arrondissement

La Maison Loo, la pagode de Paris

48 rue de Courcelles, 75008 Paris

La pagode rouge de la Maison Loo, rue de Courcelles
Photo : Agence Rol. Agence photographique (commanditaire), Public domain, via Wikimedia Commons

Il faut lever les yeux au coin de la rue de Courcelles pour croire ce qu’on voit : une pagode chinoise à trois toits retroussés, laquée de rouge vif et couverte de tuiles vernissées, encastrée entre deux immeubles haussmanniens. En 1926, l’antiquaire Ching Tsai Loo, plus grand marchand d’art asiatique de son temps, fit métamorphoser un hôtel particulier de 1880 en vitrine de sa passion : la Maison Loo est née.

Où se trouve la Maison Loo ? Repères sur le plan de Paris

Au 48 rue de Courcelles, 8e arrondissement, métro Courcelles (2) ou Monceau, à cinq minutes du parc Monceau et dix du Céramic Hôtel. Épingle sur notre carte de Paris.

Une histoire : un marchand, un architecte et un scandale de voisinage

Loo, arrivé de Chine à vingt ans comme domestique, était devenu en vingt-cinq ans le fournisseur des plus grands musées d’Occident. Pour vendre, il lui fallait un écrin : il chargea l’architecte Fernand Bloch d’habiller sa maison à la manière d’un temple, avec charpentes rapportées, tuiles émaillées commandées en Chine et laque rouge. Le quartier protesta, la Ville hésita, l’audace passa. À l’intérieur, cinq étages de salons chinois, japonais et tibétains, boiseries anciennes et paravents, servaient de galerie : Rockefeller, les Rothschild, le Metropolitan et le Louvre y firent leurs emplettes. La maison, restée dans la famille puis vendue, accueille aujourd’hui expositions et réceptions privées.

Que voir ?

  • Les trois toits retroussés et leurs tuiles vernissées rouges, visibles de la rue.
  • Les colonnes laquées et les lanternes de l’entrée, décor de temple en pleine ville.
  • Le contraste absolu avec les façades haussmanniennes voisines, mitoyennes.
  • Les expositions temporaires, seules occasions d’entrer voir les salons d’origine.

Modalités et infos pratiques

  • Accès : façade visible depuis la rue en permanence ; intérieur ouvert lors d’expositions ou d’événements.
  • Métro : Courcelles (2), Monceau (2).
  • Photo : traversez la rue pour cadrer les trois toits d’un seul plan.

Petites histoires et grandes anecdotes

Loo fut aussi controversé qu’admiré : ses exportations massives d’antiquités chinoises lui valurent en Chine une réputation de pilleur, en Occident celle d’un passeur qui sauva des œuvres du chaos des guerres. Il finança pourtant des fouilles et publia des catalogues savants qui font encore autorité. Quant à la pagode, elle faillit être vendue puis démolie dans les années 2010 ; la mobilisation des amateurs d’art et son classement l’ont sauvée. Les Parisiens l’appellent simplement « la pagode rouge ».

Nos conseils pour la visite

Passez au soleil de l’après-midi, quand la laque rouge s’embrase, puis marchez jusqu’au parc Monceau et ses fabriques exotiques : la plaine Monceau, quartier des collectionneurs, se visite comme un cabinet de curiosités à ciel ouvert. Le musée Cernuschi, autre passion asiatique du quartier, complète la promenade.

Qu’est-ce que la Maison Loo ?

Un hôtel particulier de 1880 transformé en 1926 en pagode chinoise par l’antiquaire Ching Tsai Loo, avec toits retroussés, tuiles vernissées et laque rouge. Elle lui servait de galerie d’art asiatique, fréquentée par les plus grands musées du monde.

Peut-on visiter la pagode de la rue de Courcelles ?

La façade se contemple librement depuis la rue. L’intérieur, avec ses salons chinois et japonais d’origine, ouvre lors d’expositions temporaires et d’événements privés.

Qui était C.T. Loo ?

Ching Tsai Loo (1880-1957), marchand d’art d’origine chinoise arrivé en France à vingt ans, devenu le principal fournisseur d’antiquités asiatiques des musées et collectionneurs occidentaux, figure aussi admirée que controversée.