Le Céramic Hôtel
34 avenue de Wagram, 75008 Paris
Sur l’avenue de Wagram, au milieu des immeubles sages, une façade semble avoir été trempée dans l’émail. Le Céramic Hôtel, bâti en 1904 par Jules Lavirotte pour un hôtelier audacieux, est intégralement revêtu de grès flammés d’Alexandre Bigot : c’est de là que vient son nom, et c’est cette peau de céramique qui lui valut le prix du concours de façades de la Ville de Paris en 1905.
Où se trouve le Céramic Hôtel ? Repères sur le plan de Paris
Au 34 avenue de Wagram, 8e arrondissement, métro Ternes (2) ou Charles de Gaulle-Étoile, à cinq minutes de l’Arc de triomphe et de la brasserie La Lorraine. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la céramique comme architecture
Lavirotte pousse ici jusqu’au bout l’idée née avenue Rapp : le grès n’orne plus, il construit. Bigot fournit des pièces moulées sur mesure, feuillages, mascarons, colonnettes torsadées, dans des tons bruns, verts et crème que la cuisson rend uniques, aucune plaque n’étant tout à fait semblable à sa voisine. La façade ondule, se creuse, s’avance en bow-windows : l’immeuble entier semble avoir poussé plutôt qu’avoir été bâti. Le jury du concours, en 1905, salua « une œuvre de céramiste autant que d’architecte ». Classé monument historique, le bâtiment est toujours un hôtel : on peut y dormir dans un chef-d’œuvre Art nouveau, privilège rare à Paris.
Que voir ?
- La façade entière en grès flammés, à observer aux différentes heures : les émaux changent de couleur.
- Les mascarons et feuillages moulés par Bigot, jamais deux fois identiques.
- Les bow-windows et la ligne ondulante de l’ensemble, rare à cette échelle.
- Le hall d’entrée, visible depuis la porte : mosaïques et ferronneries d’origine.
Modalités et infos pratiques
- Accès : hôtel en activité ; la façade se contemple depuis l’avenue en permanence.
- Métro : Ternes (2), Charles de Gaulle-Étoile (1, 2, 6, RER A).
- Séjour : chambres réservables comme dans n’importe quel hôtel du quartier.
Petites histoires et grandes anecdotes
Bigot alla jusqu’à installer un four expérimental pour produire les pièces les plus grandes : certaines plaques faillirent ne jamais sortir du feu entières. La technique des grès flammés, insensible au gel et lavable par la pluie, était vendue comme la solution d’avenir pour les villes charbonneuses ; l’Art nouveau passa de mode avant que l’argument ne porte. Le Céramic reste ainsi, avec l’avenue Rapp, l’un des rares immeubles où l’on peut voir ce que Bigot savait faire à grande échelle.
Nos conseils pour la visite
Passez au milieu de journée, quand la lumière frappe l’avenue de face et allume les émaux. Puis remontez vers l’Arc de triomphe, ou comparez avec l’immeuble Lavirotte du 7e : même duo d’auteurs, quatre ans d’écart, deux tempéraments.
Parce que sa façade est intégralement revêtue de grès flammés du céramiste Alexandre Bigot, cas unique à cette échelle à Paris. Cette peau de céramique valut à l’architecte Jules Lavirotte le prix du concours de façades de la Ville en 1905.
Oui : le bâtiment, classé monument historique, est toujours exploité comme hôtel. C’est l’une des rares occasions parisiennes de séjourner dans un immeuble Art nouveau primé.
Une céramique de haute température dont l’émail se transforme au contact des flammes du four, donnant des teintes et des reflets uniques à chaque pièce. Alexandre Bigot en fit un matériau d’architecture, résistant au gel et lavé par la pluie.