Moulin Rouge
82 boulevard de Clichy, 75018 Paris
En 1889, l’année où Paris dresse sa tour de fer, Joseph Oller et Charles Zidler plantent au pied de Montmartre un moulin dont les ailes rouges ne moudront jamais rien : le Moulin Rouge est né pour la fête. Son bal réinvente une danse de blanchisseuses en tourbillon de jupons : le french cancan, scandale délicieux que la Goulue et Valentin le Désossé portent à l’incandescence sous le crayon de Toulouse-Lautrec, dont les affiches font le tour du monde.
Où se trouve le Moulin Rouge ? Repères sur le plan de Paris
Au 82 boulevard de Clichy, 18e arrondissement, métro Blanche (2), au pied de la butte Montmartre : le café des Deux Moulins d’Amélie est à deux cents mètres en remontant la rue Lepic, le Sacré-Cœur à quinze minutes. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : du bal canaille à la revue mondiale
Le jardin des débuts abritait une folie restée légendaire : un éléphant de stuc géant, rescapé de l’Exposition de 1889, dans le ventre duquel on grimpait par une jambe pour des spectacles réservés aux messieurs. La Goulue, reine impertinente qui vidait les verres des clients (d’où le surnom), y régna avant la chute ; Mistinguett et ses jambes assurées reprirent le trône. L’incendie de 1915 emporta la salle, pas le mythe : reconstruit, le moulin devint music-hall, cinéma, puis cabaret-dîner. Depuis 1963, la revue au « F » traditionnel (Frou-frou, Frisson, Fascination, aujourd’hui Féerie) aligne ses soixante Doriss Girls, ses strass Swarovski et son aquarium, deux fois par soir, 365 soirs par an.
Que voir ?
- La revue Féerie : 60 artistes, 1 000 costumes de plumes et de strass, et le grand cancan final.
- Les ailes rouges illuminées, qui tournent réellement chaque soir : la carte postale absolue de Pigalle.
- Le dîner-spectacle à la française, champagne compris, dans la salle Belle Époque aux banquettes rouges.
Modalités et infos pratiques
- Revues : tous les soirs à 21 h et 23 h ; dîner-spectacle dès 19 h ; à partir de 88 euros environ, réservation vivement conseillée.
- Site : moulinrouge.fr.
- Tenue : élégante ; les shorts et tongs restent au vestiaire de l’histoire.
Petites histoires et grandes anecdotes
Le 29 avril 2024, les ailes du moulin se sont décrochées en pleine nuit, sans blesser personne : Paris s’est ému comme pour un monument national, et des ailes neuves tournaient à nouveau avant les Jeux olympiques, saluées par les danseuses en cancan sur le boulevard. Autre légende vérifiée : c’est sur cette scène qu’en 1896 une certaine Yvette Guilbert refusa de se produire jugeant le lieu trop sage… avant d’y triompher. Et Lautrec, lui, avait sa table réservée, d’où il croquait la Goulue à l’absinthe.
Nos conseils pour la visite
Choisissez la seconde revue (23 h) pour une salle plus détendue, et arrivez par la rue Lepic depuis le café des Deux Moulins : la descente offre le plus beau plan sur les ailes illuminées. Les lève-tôt photographieront le moulin au petit matin, seul moment où Pigalle dort. Et pour rester dans la légende cabaret, comparez avec le Paradis Latin rive gauche : deux écoles, un même art du panache.
Non : construit en 1889 par Joseph Oller et Charles Zidler, le moulin rouge n’a jamais rien moulu. Ses ailes, qui tournent chaque soir, furent dès l’origine une enseigne spectaculaire pour le bal le plus célèbre de Montmartre.
Une danse née des bals populaires parisiens, portée au rang de spectacle par la Goulue et Valentin le Désossé dès 1889 : jupons froufroutants, grands écarts et jetés de jambes sur un rythme endiablé. Il clôt toujours la revue Féerie, dansée par les Doriss Girls.
Les deux formules existent : dîner-spectacle dès 19 h, ou revue seule avec champagne à 21 h ou 23 h. La seconde séance, plus tardive, est souvent la plus facile à réserver et la plus détendue.