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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

2e Arrt
ruede Palestro
Passages couverts 2e arrondissement

Le passage du Bourg-l’Abbé

3 rue de Palestro, 75002 Paris

L'intérieur du passage du Bourg-l'Abbé à Paris
Tangopaso, domaine public, via Wikimedia Commons

Le passage du Bourg-l’Abbé est un rescapé. Construit en 1828 entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin, dans le prolongement du passage du Grand-Cerf, il faisait partie d’un système de galeries traversant tout le quartier. Le percement du boulevard de Sébastopol sous Haussmann l’a amputé de plusieurs dizaines de mètres et lui a coupé son débouché : il ne mesure plus aujourd’hui qu’une cinquantaine de mètres.

De cette mutilation est née sa plus belle pièce. En 1863, l’architecte Henri Blondel redessine l’entrée sur la nouvelle rue de Palestro et la flanque de deux cariatides monumentales sculptées par Aimé Millet, l’auteur du Vercingétorix d’Alésia. Elles représentent l’Industrie et le Commerce, les deux divinités du siècle, et portent l’une un maillet, l’autre une roue dentée et une ruche.

Où se trouve le passage du Bourg-l’Abbé

Il s’ouvre au 3 rue de Palestro, dans le 2e arrondissement, et débouche au 120 rue Saint-Denis. Son nom vient de l’ancienne rue du Bourg-l’Abbé, elle-même héritée du bourg qui dépendait de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs. Il est épinglé sur notre carte de Paris.

Un décor de bois et de fer restauré

L’intérieur a conservé ses boiseries d’origine, ses pilastres et sa verrière en berceau, restaurés à la fin des années 1990 après des décennies d’abandon. On y remarque un baromètre ancien fixé à la charpente, souvenir du temps où le passage servait aussi de bulletin météorologique pour le quartier. Les commerces y sont rares et changeants, ce qui laisse au lieu un calme inhabituel dans ce coin très passant de Paris.

Ce qu’il faut regarder en passant

  • Les deux cariatides d’Aimé Millet, l’Industrie et le Commerce, rue de Palestro.
  • L’entrée redessinée en 1863 par l’architecte Henri Blondel.
  • La verrière en berceau et les boiseries restaurées.
  • Le baromètre ancien accroché sous la charpente.
  • La brièveté du passage, cinquantaine de mètres, séquelle du boulevard de Sébastopol.

Le nom d’un bourg disparu

Le Bourg-l’Abbé n’a jamais été une rue ordinaire : c’était, dès le XIIe siècle, un faubourg entier bâti hors les murs autour du prieuré Saint-Martin-des-Champs, dont l’abbé exerçait la justice. Le bourg avait ses halles, son pilori et sa propre enceinte. Absorbé par Paris quand Philippe Auguste éleva sa muraille, il n’a laissé que ce nom, porté aujourd’hui par un passage de cinquante mètres et par une rue voisine.

Y aller et le visiter

  • Entrées : 3 rue de Palestro et 120 rue Saint-Denis, 2e.
  • Ouvert en journée, du lundi au samedi ; accès libre.
  • Métro Étienne Marcel ou Réaumur, Sébastopol.
  • Inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987.

Traversez la rue Saint-Denis pour rejoindre le passage du Grand-Cerf, dont il fut jadis le prolongement, ou remontez vers le passage du Ponceau. L’église Saint-Eustache est à dix minutes.

Qui a sculpté les cariatides du passage du Bourg-l’Abbé ?

Aimé Millet, en 1863, pour la nouvelle entrée dessinée par l’architecte Henri Blondel rue de Palestro. Elles représentent l’Industrie et le Commerce.

Pourquoi le passage du Bourg-l’Abbé est-il si court ?

Parce que le percement du boulevard de Sébastopol sous le Second Empire l’a amputé de plusieurs dizaines de mètres. Bâti en 1828, il ne mesure plus qu’une cinquantaine de mètres.

Où se trouve le passage du Bourg-l’Abbé ?

Au 3 rue de Palestro, dans le 2e arrondissement de Paris, avec une seconde entrée au 120 rue Saint-Denis, presque en face du passage du Grand-Cerf.