Il est le Parisien le plus scruté en temps de pluie. Le Zouave du pont de l’Alma, soldat de pierre sculpté par Georges Diebolt, monte la garde depuis 1856 et sert depuis toujours de repère populaire des crues : les pieds mouillés annoncent la montée des eaux, les cuisses immergées ferment les berges, et lorsqu’en janvier 1910 la Seine lui monta jusqu’aux épaules, Paris vécut sa plus grande inondation moderne.
Où se trouve le pont de l’Alma ? Repères sur le plan de Paris
Entre le 8e et le 16e arrondissement, métro Alma-Marceau (9) ou RER C Pont de l’Alma, à dix minutes du palais de Tokyo et de la tour Eiffel. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : quatre soldats, un survivant
Napoléon III fit bâtir le pont pour célébrer la victoire de l’Alma, remportée en Crimée en 1854 : quatre statues de soldats gardaient les piles, un zouave, un grenadier, un chasseur à pied et un artilleur. Devenu trop étroit et affaissé, le pont fut entièrement reconstruit en acier entre 1970 et 1974 par les ingénieurs des Ponts : les trois autres soldats partirent en province, seul le Zouave fut sauvé, remonté sur la nouvelle culée à la demande des Parisiens. Il y perdit néanmoins quelques dizaines de centimètres d’altitude, ce qui trouble depuis les comparaisons de crues : les hydrologues, eux, se fient à l’échelle officielle du pont d’Austerlitz. Peu importe : c’est au Zouave que Paris regarde.
Que voir ?
- Le Zouave lui-même, dernier des quatre soldats du pont impérial, sur la pile rive droite.
- La Flamme de la Liberté, réplique de celle de la statue de New York, devenue mémorial spontané de Diana.
- La vue sur la tour Eiffel et le pont des Invalides, en enfilade.
- L’embarcadère des bateaux-mouches, en contrebas rive droite.
Modalités et infos pratiques
- Accès : libre en permanence ; berges praticables hors crue.
- Métro : Alma-Marceau (9), RER C Pont de l’Alma.
- Crues : le niveau officiel de la Seine se lit au pont d’Austerlitz, pas au Zouave.
Petites histoires et grandes anecdotes
En 1910, la Seine atteignit 8,62 mètres à l’échelle d’Austerlitz et le Zouave eut de l’eau jusqu’aux épaules : les Parisiens circulaient en barque rue de Lyon. En juin 2016, les pieds trempés du soldat firent la une des journaux du monde entier, preuve de la puissance du symbole. Au-dessus, la Flamme de la Liberté, offerte par des mécènes américains en 1989, est devenue depuis le 31 août 1997 un lieu de recueillement pour Lady Diana, morte dans le tunnel juste en dessous : les fleurs et les mots y sont déposés en permanence, sans que rien n’ait jamais été officiellement dédié.
Nos conseils pour la visite
Descendez sur la berge rive droite pour voir le Zouave de face, seul angle où l’on mesure vraiment sa taille. Remontez ensuite vers la tour Eiffel par les quais, ou visitez le palais de Tokyo à cinq minutes. Les curieux d’hydrologie compareront avec l’échelle officielle du pont d’Austerlitz, près du viaduc.
Rien d’officiel, mais tout Paris s’y fie : quand la Seine atteint ses pieds, la crue commence ; à ses cuisses, les berges ferment. En 1910, l’eau lui montait aux épaules. Le niveau officiel se mesure en réalité à l’échelle du pont d’Austerlitz.
Le pont impérial de 1856 portait quatre soldats. Lors de sa reconstruction en acier entre 1970 et 1974, seul le Zouave fut conservé et remonté, à la demande des Parisiens ; les trois autres ont été dispersés en province.
La Flamme de la Liberté, réplique offerte en 1989 et posée au-dessus du tunnel de l’Alma, est devenue un mémorial spontané après la mort de la princesse dans ce tunnel, le 31 août 1997. Les hommages y sont déposés depuis, sans dédicace officielle.