La maison Saint Laurent est née d’un licenciement. En 1957, à vingt et un ans, Yves Mathieu-Saint-Laurent succède à Christian Dior et triomphe avec la ligne Trapèze. En 1960, appelé sous les drapeaux en pleine guerre d’Algérie, il s’effondre, est hospitalisé, et découvre à sa sortie que Dior l’a remplacé. Il attaque pour rupture abusive, gagne son procès, et fonde avec Pierre Bergé sa propre maison au 30 bis rue Spontini, dans le 16e. Première collection : janvier 1962.
Ce qu’il fait alors n’a pas d’équivalent : il prend le vestiaire des hommes et le donne aux femmes. Le caban en 1962, la saharienne en 1968, le tailleur-pantalon, et surtout Le Smoking en 1966. L’objet fait scandale : des restaurants new-yorkais refusent l’entrée aux femmes en pantalon, et la mondaine Nan Kempner, éconduite, retire son pantalon dans le hall et entre en veste seule. Saint Laurent dira n’avoir jamais rien créé de plus important.
Rive Gauche, quand Saint Laurent quitte les salons
En 1966, il ouvre 21 rue de Tournon une boutique nommée Saint Laurent Rive Gauche : c’est la première fois qu’un couturier signe du prêt-à-porter sous son nom, en assumant de vendre moins cher, dans un quartier d’étudiants et de libraires plutôt qu’entre Montaigne et Vendôme. Catherine Deneuve vient à l’inauguration. La haute couture, elle, s’installe en 1974 au 5 avenue Marceau, dans un hôtel particulier Second Empire devenu aujourd’hui le musée Yves Saint Laurent, où le studio du couturier est resté intact.
Le Mondrian, l’Afrique et un nu de scandale
Il puise partout et le dit : six robes Mondrian en 1965, le Pop Art en 1966, les Ballets russes en 1976, l’hommage à Van Gogh brodé de 250 000 paillettes. En 1971, il pose nu, photographié par Jeanloup Sieff, pour lancer son parfum pour hommes, et provoque un tollé qu’il n’a jamais regretté. Sa première collection de 1962 comptait 106 modèles ; il travailla trente-neuf ans avant de tirer sa révérence, en 2002, au centre Pompidou, devant trois cents mannequins.
Sur les pas d’Yves Saint Laurent
- 1961 : fondation avec Pierre Bergé, 30 bis rue Spontini, 16e.
- 1962 : première collection, présentée le 29 janvier.
- 1966 : Le Smoking, et la boutique Rive Gauche rue de Tournon.
- 1974 : installation au 5 avenue Marceau, aujourd’hui musée.
- 2002 : dernier défilé, au centre Pompidou.
Le musée de l’avenue Marceau se visite : le studio, les crayons alignés, les tableaux d’inspiration punaisés au mur. Le palais Galliera complète le tableau de la mode parisienne, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
En 1961 par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, au 30 bis rue Spontini dans le 16e arrondissement, avec les dommages et intérêts obtenus après son licenciement par Dior. La première collection fut présentée en janvier 1962.
Un smoking d’homme adapté à la femme, présenté en 1966. Il fit scandale au point que des restaurants refusèrent l’entrée aux femmes en pantalon. Le couturier le considérait comme sa création la plus importante.
Oui : l’hôtel particulier du 5 avenue Marceau, siège de la haute couture de 1974 à 2002, abrite le musée Yves Saint Laurent Paris, où le studio du couturier est conservé en l’état.