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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

4e Arrt
ruede Jouy
Hôtels particuliers et cours 4e arrondissement

L’hôtel d’Aumont

7 rue de Jouy, 75004 Paris

La cour d'honneur de l'hôtel d'Aumont et son perron en fer à cheval, sous les mascarons de la façade
Mbzt, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Il a le sort le plus discret des grands hôtels du Marais : ni musée, ni ministère en vue, mais le tribunal administratif de Paris. L’hôtel d’Aumont n’en reste pas moins un morceau de Grand Siècle signé François Mansart, et il offre au promeneur un privilège rare : sa façade sur jardin se contemple gratuitement, à toute heure des parcs, depuis le jardin public des Arts Albert-Schweitzer qui a absorbé son ancien parterre.

L’oncle de Scarron, les ducs, la pharmacie

En 1619, Michel-Antoine Scarron, conseiller du roi et oncle du poète Paul Scarron, acquiert la propriété ; le chantier court des années 1630 au milieu du siècle, sur des plans de François Mansart, avec le maçon Michel Villedo, et la notice officielle cite aussi Le Vau. Les décors furent confiés à Le Brun et à Vouet, et la tradition prête le jardin à Le Nôtre, attribution incertaine que la fiche laisse à sa place. La fille de Scarron ayant épousé le duc d’Aumont, l’hôtel passe aux ducs, qui l’habitent de 1648 à 1756.

Le dix-neuvième siècle le rend au commerce : de 1859 à 1937, la Pharmacie centrale de France y entrepose ses drogues, et l’hôtel de Mansart sent le camphre. Classé monument historique en 1946, restauré par Paul Tournon, il accueille le tribunal administratif depuis 1959.

Ce qu’il faut voir à l’hôtel d’Aumont

  • La façade arrière et ses lucarnes, en accès libre depuis le jardin des Arts Albert-Schweitzer, intégré au domaine en 2020.
  • Le perron en fer à cheval de la cour d’honneur, visible lors des Journées du patrimoine.
  • Les mascarons et guirlandes des façades, vocabulaire de Mansart au complet.
  • Le voisinage : la rue de Jouy et l’ancien Marais des magistrats, à deux pas de la Seine.

Y aller

Au 7 rue de Jouy, dans le 4e arrondissement ; métro Saint-Paul ou Pont Marie. La cour d’honneur relève du tribunal et ne s’ouvre qu’aux Journées du patrimoine ; le jardin public, lui, ouvre aux horaires des parcs. L’hôtel de Beauvais est à trois minutes, et l’île Saint-Louis, avec l’hôtel de Lauzun, juste de l’autre côté du pont Marie.

Le saviez-vous ?

L’hôtel doit son existence à la famille du plus irrévérencieux des poètes : Michel-Antoine Scarron, le commanditaire, était l’oncle de Paul Scarron, l’auteur burlesque dont la veuve, Françoise d’Aubigné, deviendrait Mme de Maintenon. Le Marais est petit : la future épouse secrète de Louis XIV fit ses débuts dans le monde au salon voisin de l’hôtel d’Albret, à six cents mètres de l’hôtel bâti par l’oncle de son premier mari. Les généalogistes appellent cela un quartier.

Peut-on voir l’hôtel d’Aumont gratuitement ?

Oui : sa façade sur jardin se contemple librement depuis le jardin public des Arts Albert-Schweitzer, aux horaires des parcs. La cour d’honneur ne s’ouvre qu’aux Journées du patrimoine.

Qui a construit l’hôtel d’Aumont ?

Le chantier, lancé pour Michel-Antoine Scarron à partir des années 1630, suivit des plans de François Mansart, avec le maçon Michel Villedo ; la notice officielle cite aussi Le Vau. Les décors étaient de Le Brun et de Vouet.

Que fait le tribunal administratif dans cet hôtel ?

L’État y a installé le tribunal administratif de Paris en 1959, après la restauration de Paul Tournon. L’hôtel avait auparavant servi d’entrepôt à la Pharmacie centrale de France, de 1859 à 1937.

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