La cité de Trévise
Cité de Trévise, 75009 Paris
Entre la rue Richer et la rue Bleue, le lotissement fait salon. La cité de Trévise s’organise autour d’une placette plantée où une fontaine à trois nymphes ruisselle sous les paulownias, cernée de façades à l’italienne, loggias et arcatures. L’ensemble est si homogène que la protection patrimoniale n’a pas su choisir : l’inscription aux monuments historiques de 1991 couvre les façades, les toitures, la fontaine, les vestibules, les escaliers, et jusqu’au sol de la voie.
Un lotissement pour amateurs de calme
L’affaire se monte en 1838 et 1840, sur l’emplacement d’un hôtel de 1786 ayant appartenu à Alexandre Lenoir, le sauveteur des monuments pendant la Révolution. L’architecte Édouard Moll dessine les immeubles néo-Renaissance, et le nom honore le maréchal Mortier, duc de Trévise. Le site est inscrit dès 1975, la voie passée publique, et la placette n’a pas changé d’esprit : on y entend la fontaine.
Les habitants font une galerie attachante : Anatole de La Forge, le défenseur de Saint-Quentin, naît au numéro un en 1820 ; l’archetier Eugène Sartory, dont les baguettes valent aujourd’hui des fortunes, travailla au numéro trois, où vécut aussi l’écrivain espagnol exilé Max Aub.
Ce qu’il faut voir dans la cité de Trévise
- La fontaine aux trois nymphes, cœur sonore de la placette, d’inspiration Renaissance.
- Les façades à loggias et serliennes d’Édouard Moll, rares à Paris.
- Les vestibules et escaliers d’origine, protégés au même titre que les façades.
- Le silence, à trois cents mètres des Folies Bergère.
Y aller
Entre le 14-18 rue Richer et le 7 rue Bleue, dans le 9e arrondissement ; métro Cadet ou Grands Boulevards. Voie publique, flânerie libre. Le 9e des passages est à dix minutes : le passage Verdeau puis le passage Jouffroy, en enfilade.
Le saviez-vous ?
Le 8 mars 1918, une bombe lâchée par un avion allemand explosa au numéro vingt-deux : la cité encaissa, fut réparée, et rien dans le décor actuel ne trahit l’impact. La fontaine, elle, garde son petit mystère d’attribution : on la dit inspirée de Germain Pilon, sans qu’aucun document ne nomme son sculpteur, et la fiche se garde donc d’en nommer un. Les nymphes coulent de source anonyme, ce qui, pour des nymphes, est un état parfaitement naturel.
Presque tout : l’inscription aux monuments historiques du 7 juin 1991 couvre les façades, les toitures, la fontaine, les vestibules, les escaliers et le sol même de la voie et de la place.
Le lotissement fut créé en 1838 et 1840 sur l’emplacement d’un hôtel d’Alexandre Lenoir, avec des immeubles néo-Renaissance dessinés par Édouard Moll. Le nom honore le maréchal Mortier, duc de Trévise.
Oui : la voie est publique depuis 1983 et se parcourt librement, placette et fontaine comprises.
Le carnet continue







